« Un énorme potentiel de développement »

Le président du Mozambique confiant en l’avenir de son pays

4 octobre 2003

« Les Mozambicains sont fiers de ce qu’ils ont accompli dans leur pays » a affirmé le président du Mozambique, Joaquim Chissano, lors d’un discours prononcé aux États-Unis dernièrement. Il a profité de cette intervention pour dresser un bilan de l’évolution de la démocratie et du développement économique dans son pays.

« Nous ne sommes qu’au début du chemin. Mais nous sommes fermes et résolus à réussir », a affirmé le président mozambicain, rappelant à tous que le Mozambique était une jeune démocratie. Au sujet du développement économique, il a affirmé que son gouvernement accorderait la priorité aux zones rurales qui n’ont pas encore ressenti les bénéfices de la relance économique du pays. « L’essor économique du pays s’est en effet surtout manifesté dans trois zones étroites à partir des ports de Maputo, de Beira et de Nacala », a expliqué Joaquim Chissano. « Entre ces zones s’étendent de vastes terres fertiles dotées également d’abondantes ressources naturelles et humaines. L’objectif prioritaire de notre gouvernement est de stimuler le développement économique dans ces zones par le truchement du secteur privé ».
Il a également exprimé l’espoir d’une plus grande expansion du secteur manufacturier de l’économie mozambicaine et a souligné l’un des atouts majeurs de son pays : la population.
Le président du Mozambique a déclaré que son gouvernement et son peuple étaient également déterminés à créer un environnement favorable au secteur privé et à même de récompenser les chefs d’entreprise qui savent prendre des risques.
Lors d’un discours prononcé en février dernier devant la Chambre de commerce des États-Unis, Joaquim Chissano a déclaré : « Que vous soyez ici aujourd’hui parce que vous êtes au courant du miracle économique que vit le Mozambique, ou parce que vous découvrez notre pays pour la première fois, il est important que vous compreniez que la fondation sur laquelle repose notre succès est une politique macro-économique rationnelle et la promotion d’un bon système financier ».
Tous les Mozambicains sont également déterminés à construire un meilleur avenir pour eux-mêmes et leur pays. « Nous sommes très fiers de nos accomplissements », tels que la création d’emplois, l’attraction de nouveaux investissements étrangers, et une croissance économique soutenue qui a atteint 14,9 % l’année dernière. Le Mozambique peut ainsi se vanter d’avoir l’une des meilleures performances économiques du monde.

Des priorités

Joaquim Chissano a ensuite énuméré ce dont le Mozambique avait besoin pour renforcer sa croissance économique et avancer son développement :
- bâtir un pont sur le Zambèze qui, actuellement, coupe le pays en deux ;
- stopper la propagation du SIDA et du VIH, qui a déjà infecté 12% de la population ;
- construire des barrages afin de limiter les inondations, de fournir de l’eau pour l’agriculture et de produire de l’électricité ;
- éduquer chaque enfant et fournir des soins médicaux à toutes les femmes enceintes ;
- améliorer les services des télécommunications afin de créer des liens plus étroits avec les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ;
- se donner la capacité de produire des biens d’exportation dans le cadre de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), qui autorise l’entrée en franchise aux États-Unis de droits de quelque 6.000 produits africains.

Une dynamique

Joaquim Chissano a en outre affirmé que son gouvernement tentait de mettre en œuvre une politique monétaire stable, d’adopter des lois de promotion et de protection des investissements privés étrangers, et ce en étroite collaboration avec des organismes tels que la Société américaine de promotion des investissements à l’étranger (OPIC), de réformer son secteur public et son appareil judiciaire, de promouvoir la démocratie, la liberté de la presse et la société civile, et de décentraliser le pouvoir politique par le truchement de la création de municipalités.
« Le Mozambique a un énorme potentiel de développement », a-t-il rappelé à son auditoire, notamment dans la vallée du Zambèze, où l’on peut envisager le développement de l’agriculture, de la production d’électricité et du tourisme, ainsi que l’exploitation des vastes ressources de bois d’œuvre et de minerais.


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