À 19 heures 55 sur Tempo : ’Espion lève-toi’

Un film d’espionnage proche de la réalité...

18 janvier 2006

Film français d’Yves Boisset, dialogues de Michel Audiard, avec Lino Ventura, Michel Piccoli , Bruno Cremer, Bernard Fresson...

À Zurich, un homme est abattu dans un tramway par les membres d’une "brigade d’action populaire". Peu de temps après, Sébastien Grenier, un ancien espion français devenu conseiller financier, est contacté par un haut fonctionnaire suisse, Jean-Paul Chance. Celui-ci lui demande de remonter la filière du groupe terroriste, la victime du tramway n’étant autre qu’un agent des services secrets français. Chance apprend d’autre part à Grenier que sa compagne, Anna, professeur à l’université, pourrait être impliquée dans l’affaire. Lorsque son ami Marchand puis son contact Meyer sont assassinés à leur tour, Grenier reprend du service...

Une brochette d’acteurs exceptionnels, un dialoguiste hors pair (Michel Audiard) le tout mené de main de maître par Yves Boisset, que voulez-vous ? Cela donne un des meilleurs films d’espionnage français. "Espion lève-toi" est une réussite parce que Yves Boisset a bien bûché le sujet. Il a réussi à ne pas tomber dans le panneau facile du genre "James Bond" ou autre "OSS117". Il nous divulgue dans cette fiction tous les petits trucs qui font l’espion, de plus il a donné un soupçon de vérité dans le film en le situant dans une époque bien précise, et pour le faire sentir nous verrons les nombreuses allusions à la bande à Bader.

Le film débute comme une longue métamorphose, ou plutôt comme une renaissance. Pour expliquer mon propos, imaginez ces images de synthèse où l’on voit l’évolution de l’homme depuis sa démarche à quatre pattes jusqu’à l’homme debout, c’est l’impression que nous donne Lino Ventura lorsqu’on le suit dans les rues de Zurich, la lente métamorphose de l’homme d’affaire en espion, qui reprend ses marques une à une, jusqu’à redevenir le véritable espion qui sommeillait en lui. La fin de ce magnifique policier fait froid dans le dos lorsque l’on songe que Yves Boisset s’est approché de la réalité de l’espionnage français. Nous verrons dans ce film ce que le service de l’État peut avoir de pervers.

Ph. T.


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