Visite de la délégation du COMESA à la Chambre de commerce

Un grand besoin réciproque d’informations

18 septembre 2003

Hier en fin d’après-midi, la délégation du COMESA était attendue à la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion (CCIR), à Saint-Denis, où elle a été reçue par Daniel Moreau, président de la commission "Développement international et coopération régionale" de la CCIR et Guy Dupont, président du Comité de pilotage de l’industrie (CPI), en présence d’acteurs économiques de l’île, de représentants des services de l’État et d’instances territoriales de développement économique.
Signe de l’intérêt que la France porte à l’approfondissement de ses relations avec les pays en voie de développement (PVD) et pays dits "les moins avancés" (PMA) de notre région dans le cadre des ajustements des accords de Cotonou d’ici 2008, deux diplomates accompagnent la délégation : Jean-Paul Monchau, ambassadeur de France en poste à Lusaka pour la Zambie et le Malawi, également accrédité auprès du COMESA, et l’ambassadeur itinérant en charge de la coopération régionale dans l’océan Indien, M. Bouffandeau. La délégation conduite par l’économiste kenyan Erastus Mwencha se compose d’un administrateur principal chargé de la planification stratégique et de la recherche, d’un membre du secrétariat général du COMESA en charge de la Division des douanes, d’un conseiller pour le suivi des projets financés par l’Union européenne et d’un attaché en communication.

Des « opportunités de partenariats »

La rencontre était axée sur une présentation du potentiel économique réunionnais, par Guy Dupont, président du CPI - un organisme dont les missions de prospection et de définition stratégique rejoignent celles que le COMESA accomplit pour le compte de ses vingt pays membres. Entre les deux, il y a bien sûr une différence d’échelle et des différences culturelles dans l’approche économique : la volonté de coopérer n’en est pas moins sincère et clairement affirmée de part et d’autre. Après la présentation générale et ayant abordé l’examen des « opportunités de partenariats » secteur par secteur, Guy Dupont a souligné « la volonté politique d’association au COMESA ». Le docteur Erastus Mwencha y a répondu par « la volonté forte d’ouverture vers la France et La Réunion ».
Les secteurs proposés à des actions de coopération sont l’hôtellerie et le tourisme, les secteurs industriels à forte valeur ajoutée, l’agriculture, l’environnement, la santé, la recherche et les prestations de service. Chaque "filière" a donné lieu à une approche plus détaillée. Puis est arrivée la question « comment faire ? » Pour le président du CPI, trois conditions majeures doivent être remplies pour permettre l’essor d’une coopération mutuellement avantageuse : davantage d’information réciproque, une connaissance mutuelle des politiques publiques et une identification sûre des "bons partenaires". « Si les premières expériences sont faites dans de bonnes conditions, elles auront un effet d’entraînement », a ajouté Guy Dupont.

Surmonter les obstacles juridiques

Les autorités du COMESA veulent avancer pas à pas, en commençant par cerner les obstacles juridiques issus de dispositifs parfois incompatibles, comme le sont certaines des nouvelles règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avec les accords de Cotonou organisant les relations entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique). La volonté des autorités du COMESA de surmonter ces obstacles est guidée par la certitude que « la coopération est un des grands moyens de l’intégration » comme l’a dit hier le Dr. Mwencha, en réitérant sa confiance dans le fait que « les problèmes juridiques pourront être surmontés ». Le Dr. Mwencha a énuméré un certain nombre de domaines dans lesquels des actions de coopération peuvent être entreprises : dans les liaisons aériennes -en dépit de leur coût élevé ici, a-t-il noté- avec l’éventualité d’opérer des escales dans les pays du COMESA et de partager les flux touristiques et dans les télécommunications. « La prochaine fois, nous viendrons avec des industriels, des investisseurs pour étudier concrètement comment aller plus loin » a conclu le Dr. Mwencha avant de laisser ses collaborateurs poursuivre la rencontre à la Chambre de commerce, tandis qu’il devait se rendre à la Région, où l’attendait le président de la collectivité.


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