À 19 heures 50 sur Télé Réunion : ’Mischka’

Un hymne à l’humanité retrouvée

20 septembre 2005

Film français de Jean-François Stevenin, avec Jean-Paul Roussillon, Jean-François Stevenin, Rona Hartmer, Salomé Stévenin...

Un vieil homme, vêtu d’une robe de chambre et chaussé de pantoufles, est abandonné par sa famille sur une aire d’autoroute, un jour de départ en vacances. Il atterrit dans un hospice où un infirmier, Gégène, le surnomme Mischka.

Le garde-malade lui propose alors de quitter la sinistre maison de retraite. C’est l’occasion pour lui de faire la rencontre de Jane, l’adolescente fugueuse, et de Joli-coeur, la rockeuse, et de redécouvrir la vie au moment où il est en passe de la terminer.

Le film que nous verrons ce soir sur Télé Réunion tombe en plein dans l’actualité. En effet, dans cette période trouble où les mal logés sont légion, où l’on dépose les vieux dans des hospices comme des sacs de linge sale, il est toujours bon de voir que l’humanisme n’est pas tout à fait mort ! C’est une œuvre tour à tour drôle, sarcastique, touchante et lucide sur les affres d’une société contemporaine où il est de plus en plus difficile de communiquer, que nous verrons. L’incommunicabilité n’est elle pas le fléau du siècle qui s’avance ?
Tout dans le film nous porte à le croire. La période que nous vivons nous laisse entrevoir une démission de l’humain face au matériel et nous pourrons percevoir dans cette œuvre, une sorte de métaphore sur la société moderne bien-pensante où seul le profit et la rentabilité semblent avoir du crédit. Jean-François Stevenin a su mettre le doigt là où ça fait mal, de plus il nous laisse entrevoir un espoir dans l’histoire de ce trio de chocs, un mélange des âges qui nous laisse à penser que l’on peut voir trois générations vivre pour l’amour de la vie. Loin d’être enfermés dans une série de lieux communs, les personnages évoluent, s’entredéchirent, s’aiment ou se haïssent et ainsi nous montrent, l’espace d’un instant, un monde devant lequel on ne peut que s’émouvoir. On retiendra de cette œuvre la merveilleuse interprétation de Salomé Stévenin qui dans son rôle d’adolescente, s’avère être le personnage le plus adulte du film. Son réalisateur de père peut être fier. Ce film que je vous recommande c’est du grand cinéma, un hymne à l’humanité retrouvée.

Ph. T.


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