Le PCR alerte sur les conséquences dramatiques d’un APE UE-Afoa ouvert aux services
8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Social
Puissante manifestation à Saint-Benoît contre les projets du gouvernement
28 mai 2003

À l’appel des syndicats de la fonction publique et du secteur privé, plus de 30.000 personnes selon les organisateurs (10.000 selon la police) ont manifesté hier dans les rues de Saint-Benoît. En termes d’affluence, il s’agit de la plus grosse manifestation revendicative jamais organisée à La Réunion. Ainsi que c’est le cas depuis plusieurs semaines, les manifestants protestaient contre ’le démantèlement du service public’ et contre le projet gouvernemental de réforme de la retraite. Comme en métropole, les syndicats parlent maintenant d’organiser une grève générale « avec blocage total de l’île ». Le message des Réunionnais à Paris est très clair : « ékoute anou ! rèspèkt anou ! ».
Interrogé hier par Huguette Bello sur sa « compréhension » du mouvement revendicatif, le ministre de l’Éducation nationale a fui la question de la députée réunionnaise et annoncé à l’Assemblée nationale que des épreuves de remplacement seraient proposées « très rapidement aux élèves dont les épreuves auraient été perturbées » à La Réunion, tout en rejetant tout « report global » des examens.
Pour sa part, le Premier ministre a fait une déclaration après la réunion d’un Conseil interministériel consacré aux problèmes de l’éducation. Après avoir pris connaissance de cette déclaration, l’Intersyndicale de l’Éducation à La Réunion et la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) a publié hier soir le communiqué suivant : « Nous étions, au vu de la mobilisation, en droit d’attendre des déclarations claires et sans ambiguïté de la part du Premier ministre. L’intersyndicale de l’Éducation et la FCPE constatent avec amertume et indignation que M. Raffarin n’a répondu sur aucun point à nos revendication sur les dossiers du transfert de personnels, de la décentralisation et des retraites. Le gouvernement a opté pour l’épreuve de force. Il prend donc la responsabilité de la poursuite et de l’élargissement du mouvement ».
En France également, les syndicats annoncent un durcissement et un élargissement du mouvement revendicatif, qui s’est à nouveau exprimé avec force hier dans tout le pays.
« On est pas fatigué, on est déterminé », « Raffarin démission », ont scandé hier les dizaines de milliers de manifestants qui ont défilé dans les rues de Saint-Benoît pour protester contre « le démantèlement du service public » en général et en particulier contre le transfert de tutelle du personnel non enseignant de l’Éducation nationale aux collectivités. Ils refusent également le projet de réforme des retraites.
« Nos mots d’ordre sont les mêmes et ils le resteront jusqu’au bout : nous voulons que le gouvernement retire purement et simplement ses projets de réforme », notait Benoît Servan de la CGTR. Comme en France, sa centrale syndicale et toutes les autres organisations de l’intersyndicale (FO, FSU, SGEN-CFDT, UNSA) avait appelé à la grève et la manifestation dans le public et le privé. Au vu de la mobilisation de ce mardi, les organisateurs avaient de quoi avoir le sourire car le message adressé au gouvernement par les Réunionnais était très clair.
La plus grande manifestation
Quelque 25.000 personnes sont descendues dans la rue. Le gros des troupes était une nouvelle fois constitué par les personnels de l’Éducation nationale mais de très nombreux salariés des autres Administrations (Impôts, Équipement, Pénitentiaire, Justice, Police…) et du secteur privé étaient également présents. À noter aussi la participation remarquée des épouses de gendarmes qui ont défilé sous une banderole proclamant « femmes de gendarmes solidaires » et derrière un panneau représentant une caricature du Premier ministre affublé de grandes oreilles à la Mickey et affirmant : « on en a marre de se faire miquer ».
Le rassemblement avait été fixé sur le parking du lycée Amiral Bouvet et dès le départ du défilé vers 11 heures, il était évident que l’on allait assister à la plus grande manifestation revendicative jamais organisée dans l’île. De fait, les manifestants mettront plus de deux heures et demie pour couvrir les 4 kilomètres d’un parcours qui les a conduits du lycée à la mairie bénédictine en passant par la sous-préfecture. Les boucles effectuées dans les rues amenaient parfois les manifestants de tête à apercevoir la queue du défilé qui se trouvait encore dans une rue parallèle déjà traversée par la tête du cortège.
La mobilisation continue
Au sein de la manifestation, le ton était déterminé. « Il est absolument hors de question de mettre un terme à la mobilisation. Même si le gouvernement retire son projet de décentralisation dans l’Éducation nationale, comme il semble vouloir le faire (Jean-Pierre Raffarin devait se prononcer sur le sujet hier soir - voir en page 16 - NDLR), il veut toujours faire passer en force la réforme des retraites », notait Éric Marguerite de FO. « S’il maintient cette position, il est certain que nous serons obligés d’aller vers la grève générale et c’est le gouvernement qui en portera la responsabilité », ajoutait-il.
Raymond Mollard, du SNES-FSU, déclarait pour sa part attendre le Conseil des ministres d’aujourd’hui et l’arbitrage du Président de la République. « Si le chef de l’État entend la colère de la rue et tranche en faveur d’une remise à plat du problème avec un retour à la table des négociations, alors nous reprendrons tous le travail. Si au contraire M. Chirac donne raison à son Premier ministre et qu’il approuve le dépôt de la loi devant le Parlement, alors nous irons vers la grève générale et le blocage total », remarquait le dirigeant syndical.
C’est sensiblement le même langage qui était tenu par Yves Grondin de la CGTR. « Si le gouvernement persiste dans la voie qu’il a prise, il prend une lourde responsabilité. Il est évident que nous allons vers un blocage total ».
Grève générale le mardi 3 juin ?
Les manifestants étaient visiblement sur la même longueur d’onde. Ils ont scandé à plusieurs reprises : « public, privé même combat, grève générale ».
La tête du défilé est arrivée devant la mairie vers 13 heures 30. Il n’y a pas eu de rencontre avec Bertho Audifax, député-maire de Saint-Benoît. Le parlementaire avait en effet quitté La Réunion la veille pour se rendre à l’Assemblée nationale.
« Il est inadmissible que ce député ait jugé bon de prendre l’avion tout en sachant que nous manifestions dans sa commune et qu’il n’y a aucun débat urgent à l’Assemblée nationale », lançait un syndicaliste dans la sono installée sur la place de l’Hôtel de Ville. Il était longuement applaudi par le public.
Plusieurs orateurs prenaient ensuite la parole. Tous avaient la même position : « le gouvernement doit accepter de vraies négociations ou il prendra la responsabilité de déclencher la grève générale ». Les syndicats ont donc appelé à la poursuite de la mobilisation au moins jusqu’au Conseil des ministres d’aujourd’hui et à une grève générale le mardi 3 juin au cas où…
| Menace sur les examens |
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| Comme cela avait été le cas pour les BTS la semaine dernière, les épreuves du bac pro ont du être reportées lundi. Grève du personnel du rectorat oblige, les convocations des élèves et des jurys n’ont pas pu se faire dans les temps. C’est maintenant sur le bac général, les CAP, BEPC etc… que pèse la menace d’un report. « Lorsque nous l’avons rencontré la semaine dernière, le recteur nous dit que si le travail ne reprenait pas ce lundi 2 juin, il ne serait pas possible d’organiser ces examens », indiquait hier un syndcaliste. |
| Paroles de syndicalistes et d’hommes politiques dans la manifestation de Saint-Benoît |
| Yvon Virapin, SNUipp-FSU : « Nous avons pu entendre jusqu’à maintenant quelques annonces contradictoires, mais personne n’est dupe ! Connaissant les plans du gouvernement, nous nous battrons jusqu’au retrait du projet de décentralisation.
En ce qui concerne les retraites, les différentes confédérations ont fait des propositions. Le gouvernement ne souhaite pas élargir l’assiette de cotisations. L’ensemble des partenaires syndicaux veut négocier. Nous manifestons car l’heure est grave : tout le monde est dans la rue, les fonctions publiques, le privé comme les parents d’élèves. Nous devons sauver notre système éducatif, notre société réunionnaise ». Nous devons nous battre pour un service de qualité. La mobilisation du personnel est importante depuis deux mois et le gouvernement n’a pas le droit de jouer avec La Réunion d’en bas. C’est un vrai choix de société qui est en jeu, or le gouvernement veut nous imposer des mesures libérales qui vont à l’encontre de notre société réunionnaise. Contrairement à la France, nous avons d’énormes retards en matière d’Education. Sans compter les restrictions budgétaires dans ce domaine, ce seront les plus pauvres et les plus défavorisés qui vont être touchés en n’ayant pas accès à la culture ». |
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
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