« De la vision politique à l’action publique : comment la pensée de Paul Vergès sur le changement climatique s’est traduite concrètement dans les politiques d’aménagement et de développement de La Réunion »
29 août, parPaul Vergès : 2016-2026
Emploi
La notification a été donnée
20 août 2003

Le problème des quotas de CES pour le second semestre n’est pas définitivement réglé. Devant l’inquiétude généralisée et la mobilisation des Réunionnais, le gouvernement a reculé. Puis tout le monde a été dans l’expectative sur la manière avec laquelle l’engagement pris allait être mis en œuvre. Certes, la longue période d’attente pour les mairies et les associations vient de prendre fin avec la notification officielle émanant du ministère de l’Outre-mer qu’a reçue hier le préfet de La Réunion.
Cette notification, envoyée à la Direction départementale du Travail, s’est concrétisée avec l’envoi, hier en fin d’après-midi, du nombre de mois CES dont pourront bénéficier les communes. Les associations vont, elles aussi, recevoir très prochainement leur quota. Si ce volet est réglé, la question de l’emploi dit aidé, elle, ne l’est pas pour autant.
Dans ce contexte, certains appellent à la vigilance, tandis que d’autres tentent de rassurer et veulent donner des gages de la bonne volonté du gouvernement.
La situation que nous venons de connaître ne doit pas se renouveler, demande le PCR. Ce dernier préconise à cet effet que les communes et les associations établissent un plan pluriannuel des besoins et obtiennent tous les ans du ministère de l’Outre-mer les financements nécessaires.
Prendre le débat à un autre niveau
Mais le cap de cette première bataille étant passé, c’est-à-dire le maintien des quotas de CES à un niveau plus ou moins acceptable, peut-être le moment est-il venu de voir un peu plus loin et de prendre le débat à un autre niveau.
Les mairies sont les plus grandes utilisatrices des CES et autres contrats aidés. Elles le font souvent directement soit indirectement par le biais d’associations para municipales. Diverses raisons expliquent ce recours massif à la précarité.
D’une part, la pression du chômage et des citoyens, qui ne manquent jamais de demander aux élus de leur trouver un contrat CES. D’autre part, la circulaire du préfet Constantin qui, depuis 1994, interdit aux communes d’embaucher du personnel temporaire - les journaliers autorisés - et leur fait obligation de recruter des agents à titulariser au bout d’un certain délai.
C’est ainsi que 35% du personnel des communes est constitué par des CES, CEC et autres emplois-jeunes.
Détournement de l’usage des C.E.S. et précarité
Il y a là un détournement manifeste de l’usage des CES. En effet, ces contrats ont pour objectif de satisfaire un besoin social : permettre à un public défavorisé de s’intégrer. Les CES n’ont pas pour raison principale de fournir aux collectivités locales du personnel remplissant des missions de service public. Sans que l’on puisse remettre en cause le dévouement et les qualités de ce personnel, force est de reconnaître que, faute notamment de formation, il ne peut pas remplir convenablement les missions qui lui sont confiées.
Si l’on ajoute aux personnes sous contrats dit aidés, les journaliers autorisés, le personnel des communes est formé à 75% d’agents sous contrat précaire. À un moment où, avec la relance de la décentralisation, les communes vont être amenées à remplir des compétences et des charges nouvelles, ce n’est pas avec un personnel abonné à la précarité qu’elles pourront assumer leurs missions.
Préalable
Le règlement de la question du personnel des collectivités locales à La Réunion devient donc une priorité sinon un préalable. Il ne peut être seulement question des traitements, des retraites mais aussi du statut proprement dit, de l’évolution à l’intérieur de celui-ci, de la formation, etc. Tous sujets sur lesquels les organisations syndicales sont prêtes à débattre et à apporter leurs contributions.
Enfin, cette évolution appelle tout un travail idéologique. Il faut sortir dans l’opinion l’image que l’on a des "travailleurs" de commune, généralement perçus comme des personnes aux ordres du seul maire et exécutant des tâches peu gratifiantes et de faible intérêt. C’est à une revalorisation du travail exécuté par les employés communaux qu’il faudrait s’atteler.
Eux-mêmes - et toute l’opinion avec eux - doivent être convaincus que les tâches qu’ils accomplissent sont des missions de service public, c’est-à-dire des missions au service de la collectivité, de tous.
C’est par ces divers méthodes que l’on pourra inciter de jeunes Réunionnais à intégrer la fonction publique territoriale et à faire de ce secteur d’activité un secteur d’avenir, prometteur et enrichissant pour tous.
| Les chiffres |
|---|
| - Nombre de contrats CEC pour le second semestre : 629 (pour un total annuel de 1.362 contrats).
- Nombre de contrats CES "consommés", c’est-à-dire effectivement réalisés, au 1er semestre : 12.117 - Nombre de contrats CES pour le second semestre : 12.450 - Nombre de mois CES pour le second semestre : 68.475 (total duquel il faut déduire les 3.684 mois CES déjà notifiés pour la préparation de la rentrée scolaire). C’est ce montant de 64.971 mois CES (68.475 moins 3.684) qui va donc être réparti entre les communes et les associations, sachant que les premières sont les plus grandes "consommatrices" de ces solutions. Enfin, selon la note du Ministère, il semblerait que La Réunion bénéficie de 76% de l’enveloppe totale du FEDOM. Il est vrai que le taux de chômage y est le plus important, que la poussée démographique y est la plus forte. |
Paul Vergès : 2016-2026
In kozman pou la rout
Étude de l’IEDOM
Mieux récupérer l’eau de pluie, entretenir et moderniser forages et canalisations
Exemple inspirant pour La Réunion
Projet de désindexation des pensions sur l’inflation
180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
À La Réunion l’école est obligatoire et doit être gratuite
Lutte des Chagossiens
Recrutement de travailleurs des pays voisins pour couper la canne pendant plusieurs mois
Protection bénéficiant à un pilier du néocolonialisme français à La Réunion
Une catastrophe se prépare dans l’indifférence