À 20 heures 20 sur Télé Réunion

’Une autre vie’

16 mai 2006

Téléfilm français de Luc Béraud. Avec : William Nadylam, Assumpta Serna, Fatou N’Diaye, Pascal Nzonzi, Pierre Maguelon, Nadia Barentin, Alain Cauchi...

Venu étudier la médecine à Marseille, le docteur Ismaël Traoré, Malien d’origine, s’est établi en France, au grand désespoir de son oncle et protecteur, Amadou Babakar, un riche négociant qui a financé ses études. Amadou aimerait que son neveu rentre au pays pour diriger le nouvel hôpital de Bamako. Selon la tradition, il a arrangé le mariage d’Ismaël avec Djenaba, une belle jeune femme, douce et effacée. Bien qu’Ismaël l’entoure d’attentions, le temps passe et le couple n’a toujours pas d’enfant. Djenaba s’ennuie. Elle décide de rentrer momentanément au Mali. À l’hôpital, Ismaël rencontre Marta. Homme de devoir, réservé, austère, il découvre avec elle l’insouciance et la légèreté. Il passe ses nuits chez elle et se sent coupable. Il trompe sa femme, cédant ainsi, se reproche-t-il, au détestable penchant de l’Africain parvenu : posséder une femme blanche...

Le téléfilm "Une autre vie" que je vous propose de regarder ce soir est librement adapté du roman d’Emmanuel Roblés : "Cela s’appelle l’aurore". À l’origine dans le roman, les protagonistes n’étaient pas Maliens mais Sardes, comme quoi la nationalité n’a rien à voir lorsqu’il s’agit d’amour, mais le réalisateur du téléfilm a sans doute voulu forcer le trait en choisissant des personnages africains. Luc Béraud, en abordant ce sujet affronte le problème de l’intégration mais aussi les traditions qui sont, comme chacun le sait, très vivaces sur le continent africain.
On retrouve ainsi un Noir face à 2 dilemmes : tout d’abord choisir entre son épouse noire et la femme blanche dont il est amoureux mais qui demeure tout de même pour lui le symbole de la réussite dans une ville où les plus grands patrons sont blancs. Ensuite il y a le dilemme entre sa réussite et le retour au pays pour y diriger un grand hôpital. Faut-il céder aux ambitions et à la gloire ou bien revenir au pays ?
Ne cherchez pas dans ce téléfilm de quelconques sous entendus racistes, c’est une histoire simple, une histoire d’homme et de femme comme il en existe partout. Ce téléfilm est un véritable petit bijou, un récit tout à la fois beau et ordinaire que l’on déguste comme une gourmandise.

Ph. T.


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Témoignages - 82e année


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