Social

Une campagne de sensibilisation, d’information en vue de mobiliser

Rassemblement de plusieurs organisations de chômeurs devant la direction de l’ASSEDIC

9 octobre 2003

Ils étaient plusieurs dizaines à débarquer au son des percussions et du kayanm, en chantant leur colère. Avant l’arrivée des manifestants, nous avons pu discuter avec Napoléon Turpin, présent depuis bonne heure. Il nous expliquait la raison de sa présence à cette manifestation :
« Je suis Réunionnais et je n’ai plus ma place ici. Je n’arrive pas à travailler dans cette région. J’ai travaillé une douzaine d’année en métropole, j’étais cariste. Depuis mon retour au pays en 1998, je n’ai cessé de rechercher du travail, sans rien trouver. J’ai creusé de travailler sans contrat, tout ce que j’ai décroché c’est un CES de 6 mois…
J’élève seul ma fille de 14 ans et je touche que 420 euros grâce à l’allocation spécifique de solidarité (ASS). Si on me supprime ça… Voilà pourquoi je me mobilise, avec tous les chômeurs. Touche pas à l’ASS. Pourquoi toujours taper sur les petits ? Pourquoi ne pas permettre au citoyen de survivre ? Je suis venu de La Plaine des Cafres pour défendre l’avenir de ma fille. J’attends plus de solidarité de la part des Réunionnais »
.

« Les chômeurs œuvrent pour les chômeurs »

Les manifestants rassemblés devant les grilles bien gardée, Samuel Mouen porte parole de la CACEP, prenait la parole : « Nous sommes en campagne de sensibilisation et d’information. La phase de mobilisation viendra. Nous allons rencontrer tous les partenaires : ASSEDIC, Région, MEDEF, préfecture… Nous sommes devant l’antenne locale de l’UNEDIC ce matin pour marquer le coup d’envoi ». Dénonçant tout ceux qui ont permis la remise en cause de l’ASS, Samuel Mouen a appelé les chômeurs présents hier à ne plus avoir peur, « nous devons faire comprendre au gouvernement qu’il est temps de revenir à la table des négociations ».
Patrick Fontaine membre du Comité insertion à la vie sociale (CIVIS), association de Saint-Joseph poursuivait : « Une réforme d’une telle importance doit tenir compte du contexte réunionnais. Aujourd’hui, les chômeurs œuvrent pour les chômeurs. Nous ne devons pas avoir peur de participer, de nous battre. Ce n’est pas une honte d’être chômeur, c’est une honte de se laisser marcher sur les pieds ». Le président de l’association saint-josephoise, Camille Payet, complétait : « Nous sommes là pour dire au gouvernement de rouvrir les yeux, de regarder La Réunion ousa lé plasé. Nous sommes isolés, la vie est plus chère, le RMI, l’ASS c’est plus qu’une aide, c’est une base sur laquelle nous essayons de vivre ».
« Le Réunionnais est digne, il a toujours voulu travailler », poursuit le président du CIVIS, « c’est la politique du gouvernement qui a poussé le Réunionnais à être assisté. Il faut trouver une autre sortie que ces mesures, il faut avant tout préparer le terrain, commencer par remettre les gens au travail. Le ti-pép la pou rouv lo ziè i fo rogard anou inn ot fason, i tir pa in morso bred shoushou dans la boush in moun ».

An plis ke sa
CFDT-BTP : vigilance sur la remise en cause des 35 heures
Dans un communiqué diffusé hier, la CFDT indique que « les travailleurs du BTP ne doivent pas oublier que la remise en cause des 35 heures n’a jamais été abandonnée par ce gouvernement ». Ceux qui veulent supprimer cet acquis social devront faire face à une vive opposition des syndicats, prévient la CFDT-BTP. La fédération précise qu’elle « organisera dans les semaines qui viennent des réunions de ses sections afin de mobiliser les travailleurs à une riposte qui sera à la mesure des attaques gouvernementales ». « Nos accords de branche signés avec la FRBTP et la CAPEB ne doivent en aucun cas subir de modification », conclut la CFDT.

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