Culture et identité

Une nouvelle conférence à la découverte de nous-même

"Démounaz lésklavaz : quelle réparation ?" à Sainte-Suzanne

13 octobre 2003

Nouvelle conférence réussie pour Rasine Kaf a terminé son cycle de rencontre et d’échanges sur le Code Noir à Sainte-Suzanne ce week-end. La toile de Jimmy Cambonna flottait au balcon de la mairie et la salle de réunion était pleine pour aborder le thème "Démounaz lésklavaz : quelle réparation ?" Rappelons que démounaz signifie déshumanisation.
Le docteur Julien Rakotomampionona est intervenu sur "La voie des ancêtres" ou la tradition rituelle malgache, celle de la vénération des parents et des zanahar (nom donné aux aïeux qui n’ont plus de reliques et qui ont rejoint le minéral. Il a beaucoup insisté sur les liens entre descendances et ancêtres, l’un ne pouvant exister sans l’autre).

Tan lontan et spiritualité

L’intervention d’Alex Maillot "Derrière le rideau de cannes : la plantation au quotidien dans le beau pays" était d’une parfaite narration, traçant un portrait sans complaisance des différents acteurs de l’époque : travailleurs, directeur de plantation, propriétaire, nénéne, femmes de maison… Un témoignage aiguisé qui faisait revivre les proches années où le beau pays comptait sept usines, quand le train rythmait la vie du quartier. Une période difficile, car l’argent manquait, la soumission était totale et la honte quotidienne. Un récit qui suivait celui de la canne, tout comme la vie de bon nombre de réunionnais il y a seulement vingt ans marquée par une certaine intériorisation de l’esclavage.
Reynolds Michel devait ensuite intervenir sur "L’église et l’esclavage : quelle réparation", rejoint par Ida Latchimy livrant un témoignage sur "L’instruction, l’Église et le Kaf". Marie-Georges Oziri apportait un autre témoignage : " À la frontière des religions : la religion catholique et le rituel malgache".
Spiritualité et vie lontan se conjuguaient donc pour cette après-midi d’échanges consacré à questionner la place faite au kaf dans notre société d’hier et d’aujourd’hui, mais aussi la représentation du kaf dans nos esprits. Qu’en est-il du travail de mémoire de l’Église à la Réunion ?
Une journée, comme lors de toutes les autres conférences, où l’émotion était au rendez-vous, mais aussi la découverte et avant tout la découverte de nous-même, des parts laissées pour compte ou ignorée, comme les rituels.


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Témoignages - 82e année


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