Co-développement et relations internationales

Vers la mise en forme de projets concrets entre Tianjin et La Réunion

Une forte délégation chinoise reçue à la Région

17 septembre 2003

Recevant hier matin une forte délégation d’entrepreneurs chinois de la ville de Tianjin (Chine du Nord), le président de la Région Réunion, Paul Vergès, a rappelé dans quel cadre politique s’intègre l’accord de coopération et les protocoles d’accord signés en janvier 2003.
Après avoir brossé pour la délégation chinoise, au cours d’une réunion préparatoire, un tableau de l’Histoire économique et sociale de l’île, dans ses lignes de force, depuis les origines et fait comprendre à ses hôtes que La Réunion doit chercher à sortir "par le haut" de son héritage colonial pour se construire un avenir dans le contexte de la mondialisation, Paul Vergès a situé La Réunion dans sa « position d’interface entre l’Union européenne et la Chine ».
« Nous sommes ici pour aider à la création d’entreprises chinoises à La Réunion et montrer qu’on peut trouver des solutions, surtout après l’échec de Cancún, en contournant les options qui sont celles de l’OMC ». « Nous pouvons faire la démontration qu’avec un souci commun de nos intérêts mutuels, un accord gagnant-gagnant est possible et qu’il est possible de développer des échanges dans un interface entre l’Afrique, la Chine, l’Europe et notre région de l’océan Indien ».

Projets

Ainsi étaient campés les objectifs d’une mission qui va comporter des visites de terrain, des rencontres avec des entrepreneurs et des audiences avec des investisseurs potentiels, les Chinois étant à la recherche d’associés pour un certain nombre de projets.
La délégation, conduite par Liu Fengsong, directeur-adjoint du bureau des Affaires étrangères de la ville de Tianjin, est relativement jeune - 45 ans en moyenne - et ne compte que quatre femmes, âgées de 23 à 41 ans. À l’exception de cinq personnes, dont le chef de délégation, qui ont des responsabilités politiques, les autres membres sont des responsables de sociétés privées ou mixtes, spécialisées dans les industries de l’audiovisuel, de l’électronique, de la biologie, du bâtiment ou de l’immobilier ou encore des applications de la science et de la technologie pour la valorisation des énergies renouvelables.
La délégation a fait une présentation de sa ville d’origine, Tianjin, qui - comme Pékin, Shangaï et Chongqing - a un statut de ville-province : treize districts, 11.300 km carrés pour près de 11 millions d’habitants et une position de ville côtière qui lui a valu, au début de la colonisation de la Chine par les Occidentaux, un statut de concession étrangère sur le golfe de Bohaï. Tianjin fêtera ses 600 ans l’année prochaine, qui sera aussi "l’année de la France" en Chine tout comme l’année 2003 est en France "l’année de la Chine".

« Un tournant dans l’Histoire de La Réunion »

La visite actuelle vise à concrétiser un certain nombre de projets, énumérés hier par le président de la collectivité : fabrication de télévision, énergies renouvelables, sport, pêche, immobilier, tourisme…
« Nous devons garder les pieds sur terre : nous n’épuiserons pas les capacités chinoises d’investir à La Réunion, mais nous vivons un tournant dans l’histoire économique et sociale de La Réunion », a dit Paul Vergès, dont l’intervention devant la presse visait à faire prendre la mesure des changements en cours (voir encadré).
Cinq ateliers et tables-rondes organisés hier à la Région ont mis en présence les membres de la délégation répartis par petits groupes et leurs interlocuteurs réunionnais, pour aller plus loin dans des domaines plus précis : la recherche et le développement au service de la pharmacopée ; partenariat industriel et manufacture ; infrastructures aériennes et tourisme ; sport et culture ; infrastructures et BTP.

Le "tour de l’île" des sportifs
Après les échanges qui ont eu lieu hier dans l’atelier sport et culture, une partie de la délégation est invitée aujourd’hui à un marathon sportif : gymnastique à Saint-André ; moringue à Bras-Panon ; visite de la Maison du Volcan et déjeuner à La Plaine des Cafres ; rencontre avec les élèves du CREPS (27ème km) puis à l’école de foot de La Saline les Bains ; rencontre avec le pôle espoir handball et gymnastique du Port ; école des Beaux-Arts (Port) et fin de la tournée au CNR (Saint-Denis).
Paul Vergès : « Quand un problème est insoluble, il faut en changer les données »
Paul Vergès a répété deux fois devant ses hôtes chinois la maxime qui résume à ses yeux le « tournant » pris dans l’Histoire économique et sociale de notre île. « Quand un problème est insoluble, c’est qu’il faut en changer les données », a-t-il dit pour faire comprendre que La Réunion ne tournerait pas seule la page de son Histoire coloniale et la recherche d’un positionnement dans la "mondialisation" des échanges. « Isolés, nous sommes menacés. Mais si nous nous mettons dans l’interface avec la Chine sur des projets concrets, en dépassant les données du seul problème réunionnais, des solutions existent », a-t-il dit. À travers ces échanges, les acteurs économiques - c’est-à-dire nous tous - sommes invités à faire émerger « une vision nouvelle d’un monde nouveau ».

« Nous sommes ici pour aider à la création d’entreprises chinoises à La Réunion et montrer qu’on peut trouver des solutions, surtout après l’échec de Cancún, en contournant les options qui sont celles de l’OMC ». « Nous pouvons faire la démontration qu’avec un souci commun de nos intérêts mutuels, un accord gagnant-gagnant est possible et qu’il est possible de développer des échanges dans un interface entre l’Afrique, la Chine, l’Europe et notre région de l’océan Indien ».


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