Social

Vigilance pour le respect des engagements pris

• Fin de la grève aux urgences de Saint-Pierre

3 janvier 2004

Depuis le réveillon du 24 décembre, les médecins urgentistes du Groupe Hospitalier Sud Réunion s’étaient mis en grève pour protester contre les conditions extrêmement difficiles dans lesquelles ils sont amenés à exercer leur métier. Rappelons que le service des urgences du GHSR compte vingt médecins urgentistes, mais que compte tenu de leur charge de travail, et sachant que l’établissement se situe sur un territoire allant de Saint-Leu à Saint-Philippe (avec 270.000 habitants), le service se trouve en sous-effectif chronique.
Si en semaine, cela est déjà un problème, la nuit, les week-ends et les jours fériés, cela devient carrément mission impossible, avec seulement un médecin de garde pour les trois services des urgences et un seul médecin de garde au SMUR. « Cette situation nous amène à faire des choix que nous ne devrions pas avoir à faire », soulignait un médecin urgentiste dans nos précédentes éditions.
Une première rencontre avec la Direction et une autre avec la directrice adjointe de l’Agence régionale d’hospitalisation (ARH) n’avait pas permis d’avancer. Les urgentistes en grève - sans conséquences pour les patients - posaient comme revendication le recrutement immédiat de cinq médecins urgentistes afin de doter d’un poste supplémentaire les urgences, et d’un poste le SMUR.

« Nos hôpitaux souffrent »

Dans un communiqué publié hier, André Thien-Ah-Koon, président du Conseil d’administration du GHSR, rappelle que les instances telles que la Commission médicale d’établissement et le Conseil d’administration « ont approuvé la création de postes médicaux nécessaires au fonctionnement des services pour 2004 ». Mais, rappelle TAK, ces créations « n’ont pas été approuvées à ce jour par l’ARH ».
Pour le député-maire du Tampon, « la grève des médecins urgentistes a eu pour effet de rappeler l’attention de l’autorité de tutelle sur les problèmes cruciaux rencontrés par nos hôpitaux du Sud ». Et TAK de poser la question qui fâche : « jusqu’à quand nos hôpitaux du Sud continueront à souffrir d’un manque de moyens ? »
Un manque de moyens qui, faut-il le rappeler, n’est pas propre au Sud mais qui, dans cette région, se pose avec beaucoup plus d’acuité, compte tenu de l’importance du GHSR et du territoire qu’il est amené à couvrir.
« Le renforcement des médecins du service des urgences est une réalité à laquelle nous ne pouvons échapper », poursuit TAK qui affirme, dans son communiqué, être en mesure « de rassurer le service des urgences du renforcement prévisible de son équipe, avec cinq postes supplémentaires de médecins ». Et ce, après consultation du conseiller technique du ministère de la Santé, du conseiller technique des Hôpitaux de Paris en charge des personnels médicaux ainsi que du directeur de l’ARH et de son adjointe.
Quant à la demande des urgentistes de renforcer le SMUR, là encore le président du Conseil d’administration du GHSR estime cette demande « incontournable » et annonce « sa mise en place pour début 2005 ».
Du côté des médecins en grève, la nouvelle a été accueillie avec satisfaction, mais aussi une certaine réserve. Si le mot d’ordre de grève - sans incidence sur le traitement des patients, rappelons-le - a été levé, cela ne signifie pas pour autant que « l’état de vigilance », selon les propos d’un praticien est, lui, levé.
Certes, disent en substance les grévistes, la hiérarchie a pris conscience, par cette grève, de la gravité de la situation. Mais certains rappellent également que ce n’est pas la première fois qu’ils tirent le signal d’alarme et que, jusqu’à présent, les démarches étaient restées lettre morte. En aucun cas, estiment les médecins, on ne peut parler de victoire. « Si victoire il doit y avoir, c’est au profit des patients dont nous avons la charge », résume un médecin. Mais tous affirment qu’ils resteront attentifs pour que les décisions prises soient rapidement suivies d’effets.


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