Culture et identité

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Inauguration du 8ème Festival d’Art Métis

21 novembre 2003

L’ouverture du Festival d’Art Métis s’est faite en musique, en danse et en
théâtre mercredi soir. L’espace de Pierrefonds est désormais fin prêt, les
artistes l’ont baptisé de nouveau pour la 8ème édition.
Vers dix-neuf heures, la Fanfare créole - l’orchestre en cuivre de Sainte-Rose
et de Saint-Joseph - est partie du bout du Chemin Bureaux vers la place des
échanges, déjà remplie de monde. La Fanfare malgache de la compagnie
Landyvolafotsy, partie du quartier, retrouve les Réunionnais, et durant une
demie heure ensemble, les musiciens s’échangent des thèmes.
Le poème "Origine et Exil", thème du Festival (publié dans "Témoignages" de
mercredi) attire les gens de l’autre côté, vers la petite scène, au son du
violoncelle de Laura, la comédienne de Talipot. Ce n’est que le début d’un
va-et-vient, d’une structure éclatée empruntant tout l’espace, que ce soit
dans la salle verte avec Percy et Évelyne, sur la grande scène où Éric
Triton, seul au pied des cuves, enrobe la nuit dans son blues.
Le temps d’un changement de scène, Charangan s’installe aux tablas, très vite
rejoint par Prema pour un extrait du Bharata Natyam. Prema qui danse aussi
avec quatre danseurs hip-hop, les B-Boyz Style.
Place ensuite au discours, mais pas celui des politiques. Ceux-ci ont été
"squizzés" pour laisser la place à Pascal, un jeune sourd passionné de
théâtre, qui souhaite la bienvenue à tous dans la langue des signes, secondée par une voix off. Un moment fort qui a ébranlé le jeune homme et le
public.

Un lieu de spiritualité

Retour à la petite scène avec Talipot, lyrique, les voix de Yanis, Landy et
Laura s’envolent dans les airs, percent les cœurs, médusent l’assemblée déjà
conquise, et surprise à nouveau par : un extrait des "Cahiers d’un retour au
pays natal" dit par Jacques Martial, un des rares acteurs noirs qui a percé
sur la scène artistique française.
Un duo composé d’Armand de la Krwazé et
de Landy, melopée et didjeridoo introduisent le discours de Doly Odeamson,
parrain du Festival. La Krwazé fera diverger les spectateurs vers les
différentes petites formes avec Valérie Berger en Clik Clak devant le Dépôt
de Rhum et l’ouverture en débits sans fin de mot de la salle verte par
Percy.
À ce moment, devant les écuries, le Kolam, dessin sur le sol pour
chasser les mauvais esprits et attirer les bons en Inde, est terminé.
La place était prête pour que la compagnie Landyvolafotsy ouvre son
Hiragasy, théâtre de brousse, la voix au-dessus du souffle, sans micro, les
pieds roulant les graviers, au centre du public qui les entoure. Un public que les malgaches feront chanter danser avec eux jusqu’au bout de la soirée.


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