Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
« Ne nous laissons pas gagner par l’indifférence »
26 décembre 2025, par

Lors de la première bénédiction de Noël, le Pape Léon XIV a insisté sur le sort des chrétiens d’Orient et appelé à la paix dans la zone.
Pour son premier message, le jour de Noël « à la ville et au monde » le Pape a depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, cité le poète juif israélien, Yehuda Amichaï, dans son message « urbi et orbi ». Ce poète évoque la « paix sauvage », reprit à son compte par le Pape qui a donné note très originale à ce rendez-vous pontifical mondial annuel suivi à la télévision par des centaines de millions de fidèles dans le monde.
Cette « paix sauvage », dit le poète cité par Léon XIV, n’est pas la paix d’un « cessez-le-feu », ni celle négociée entre le « loup et l’agneau ». C’est la paix qui pousse « comme les fleurs sauvages », à l’improviste, parce que les hommes n’en peuvent plus. Ils se voient accablés d’une telle « grande fatigue » qu’ils ressentent un irrépressible « besoin de paix », à la manière d’un « champ » qui aurait soif d’eau.
Pour son premier Noël comme chef de l’Église catholique, cette citation n’est pas un hasard car le nouveau pape tente de faire passer un message chrétien de paix, à l’instar de ces prédécesseurs. Cet inlassable appel à la paix que tous les papes réclament à la face du monde, Noël après Noël, doit effectivement affronter « l’indifférence », admet le 267ème successeur de Pierre.
« Ne nous laissons pas gagner par l’indifférence », a lancé Léon XIV, car « en se faisant homme, Jésus prend sur Lui notre fragilité, il s’identifie à ceux qui n’ont plus rien et ont tout perdu, comme les habitants de Gaza ; à ceux qui sont en proie à la faim et à la pauvreté, comme le peuple yéménite ; à ceux qui fuient leur terre pour chercher un avenir ailleurs, comme les nombreux réfugiés et migrants qui traversent la Méditerranée ou parcourent le continent américain ; à ceux qui ont perdu leur emploi et ceux qui en cherchent un, comme tant de jeunes qui peinent à trouver un travail ; à ceux qui sont exploités, comme les trop nombreux travailleurs sous-payés ; à ceux qui sont en prison et vivent souvent dans des conditions inhumaines ».
Selon lui, Jésus « accepte par amour, la pauvreté et le rejet ». Il s’identifie « à ceux qui sont au rebut et exclus », a conclut le chef de l’Église catholique qui fait référence à la Terre Sainte et à ses habitants chrétiens en tête.
D’ailleurs, le Pape a commencé son message en énumérant les pires situations de crise du moment et a imploré la réconciliation. « Je souhaite adresser un salut chaleureux et paternel à tous les chrétiens, en particulier à ceux qui vivent au Moyen-Orient que j’ai voulu rencontrer récemment lors de mon premier Voyage apostolique ».
Léon XIV s’est en effet rendu en Turquie puis au Liban le mois dernier, afin d’écouter « leurs craintes et je connais bien leur sentiment d’impuissance, face à des dynamiques de pouvoir qui les dépassent ».
Le choix de la Turquie était dicté par le 1700e anniversaire du Concile de Nicée qui a défini le « credo » des Chrétiens. L’étape du Liban venait ensuite d’une promesse de voyage que François n’avait pas pu accomplir.
Le Vatican atteste que Léon XIV aurait aimé également visiter, pour son premier déplacement, la Syrie, Israël et les territoires palestiniens mais la situation sécuritaire l’y a empêché. Léon XIV a alors commencé sa prière du 25 décembre 2025 par un message « pour la justice, la paix et la stabilité au Liban, en Palestine, en Israël et en Syrie ».
Dans son homélie de la messe du matin, il avait déploré que les « tentes de Gaza » et leurs habitants « soient exposés depuis des semaines à la pluie, au vent et au froid ». Dans son message urbi et orbi, il pense une nouvelle fois à « ceux qui n’ont plus rien et ont tout perdu, comme les habitants de Gaza ».
Par la suite, il a « confié au Prince de la Paix tout le continent européen, en Lui demandant de continuer d’y inspirer un esprit communautaire et de collaboration, fidèle à ses racines chrétiennes et à son histoire, un esprit solidaire et accueillant envers ceux qui sont dans le besoin ». Pour certains observateurs, le Pape a insisté sur les racines chrétiennes, plaçant au premier plan de son pontificat le sort des chrétiens, leur survie, où qu’ils soient.
Il a évoqué « le peuple ukrainien meurtri », et demandé « que le bruit des armes cesse et que les parties impliquées, soutenues par l’engagement de la communauté internationale, trouvent le courage de dialoguer de manière sincère, directe et respectueuse. » Une allusion à la Russie que Léon XIV ne mentionne pas.
Lors de la prière pontificale, il a passé en revue les conflits planétaires en « suppliant l’Enfant de Bethléem d’accorder la paix et la consolation aux victimes de toutes les guerres en cours dans le monde, en particulier celles qui sont oubliées, et pour tous ceux qui souffrent à cause de l’injustice, de l’instabilité politique, de la persécution religieuse et du terrorisme ».
À commencer par « nos frères et sœurs du Soudan, du Soudan du Sud, du Mali, du Burkina Faso et de la République Démocratique du Congo », sans mention envers le Nigéria. Vient alors « le cher peuple d’Haïti » pour que « cesse toute forme de violence dans le pays ». Ce qui conduit à une prière pour ceux qui ont des « responsabilités politiques en Amérique Latine » afin qu’ils remplacent « les préjugés idéologiques et partisans » par « le dialogue pour le bien commun », sans mention d’aucun pays.
Concernant l’Asie, le pape a évoqué une « réconciliation » pour « le Myanmar » donc la Birmanie, la redécouverte de « l’ancienne amitié » entre la Thaïlande et le Cambodge et termine par les populations d’Asie du Sud et d’Océanie qui ont été « durement éprouvées » par les récentes catastrophes naturelles.
Dernière marque spécifique du style pastoral de Léon XIV dans le premier message de Noël de son pontificat, il appelle chacune et chacun à la « responsabilité » sur ce « chemin de paix » : « Si chacun – à tous les niveaux –, au lieu d’accuser les autres, reconnaissait d’abord ses propres fautes et demandait pardon à Dieu, et en même temps se mettait à la place de ceux qui souffrent, se montrait solidaire des plus faibles et des opprimés, alors le monde changerait. »
Dans cet effort, conclut-il, « si Jésus-Christ est notre paix » c’est « avant tout parce qu’Il nous libère du péché, ensuite parce qu’Il nous montre la voie à suivre pour surmonter les conflits, tous les conflits, des conflits interpersonnels aux conflits internationaux. » En effet, « sans un cœur libéré du péché, un cœur pardonné, on ne peut être un homme ou une femme pacifique, artisan de paix. »
Il explique que « Jésus est né à Bethléem et qu’il est mort sur la croix : pour nous libérer du péché. Il est le Sauveur. » Si les Chrétiens luttent pour la paix insiste le Pape, ce n’est pas un acte politique mais spirituel car c’est seulement « avec sa grâce [celle du Christ NDLR,] que nous pouvons et devons tous faire notre part pour rejeter la haine, la violence, la confrontation et pratiquer le dialogue, la paix, la réconciliation. »
Dans son homélie de la messe de la nuit de Noël, le pape avait dénoncé « une économie faussée qui conduit à traiter les hommes comme de la marchandise » alors que « Dieu se fait semblable à nous, révélant la dignité infinie de toute personne ».
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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