Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Billet philosophique
28 février 2013, par

Mardi dernier à Saint-Denis, le Groupe de dialogue inter-religieux de La Réunion (GDIR), présidé par Idriss Issop-Banian, a organisé en partenariat avec le Centre Saint-Ignace un échange sur le thème : ’L’expérience du dialogue inter-religieux, un signe d’espérance dans notre monde’. Au cœur de cette rencontre, animée par le jésuite et anthropologue Stéphane Nicaise, il y eut un exposé à la fois émouvant et très intéressant de Sulliman Banian, un des premiers Réunionnais journalistes de l’ORTF à La Réunion il y a plusieurs décennies, actuellement rédacteur en chef à France Ô et membre du Groupe d’amitié islamo-chrétienne en France. Cet exposé fut suivi d’un débat très riche, auquel ont participé plusieurs personnalités, comme Mgr Gilbert Aubry, évêque de l’Église catholique à La Réunion, et Houssen Amode, président du Conseil régional du culte musulman à La Réunion.
« Quel sens devons-nous donner au dialogue inter-religieux dans un monde et une île qui traversent un moment de forte turbulence ? Et n’est-ce pas une voie à suivre pour toute la société réunionnaise, avec un dialogue partagé par l’ensemble de nos décideurs, afin de donner un signe d’espérance à notre peuple ? ». Dès l’ouverture de la rencontre, Idriss-Issop Banian a posé une des problématiques fondamentales de cet échange.
En effet, durant son exposé, Sulliman Banian a d’abord rappelé que « nous avons besoin de vivre notre humanité commune » et que « face aux graves problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, il faut donner un sens salvateur au dialogue social, culturel, inter-religieux » . Il a également souligné que « les conditions d’un dialogue authentique sont le droit à la différence, le respect du pluralisme des idées et la reconnaissance mutuelle ».
« Un sursaut collectif »
Après avoir cité plusieurs experts internationaux, comme un directeur de l’UNESCO, un professeur de la Sorbonne et un maître de la tradition thibétaine, le conférencier a remis l’accent, en conclusion, sur le fait que « nous sommes dans une impasse et pour en sortir il faut un dialogue entre opérateurs socio-économiques, culturels, politiques comme au niveau des religions » . Une vision confirmée par Gilbert Aubry, pour qui « il faut aller beaucoup plus loin que le dialogue actuel car les puissances politiques et économiques polluent ce dialogue » .
Sur ce plan, Idriss Issop-Banian a conclu : « Nous sommes riches en potentialités mais nous devons réellement écouter les appels à la détresse lancés par les jeunes ; ensemble nous trouverons des solutions d’avenir ». Cela nous fait penser à cette déclaration de l’écrivain réunionnais Ary Yee Chong Tchi Kan dans son livre de 2009, "Réconciliation et fraternité" : « Un sursaut collectif est nécessaire en faveur d’un changement total de perception et de perspectives ».
Les conditions d’un développement durable
En effet, on sait qu’il n’y aura pas de développement durable à La Réunion
- sans une économie sociale et solidaire, respectueuse des droits fondamentaux de tous les Réunionnais ;
- sans une société équitable, en termes de revenus, de fiscalité et de politique bancaire ;
- sans un respect de notre environnement ;
- sans une valorisation de notre identité réunionnaise ;
- sans une gouvernance démocratique réunionnaise, libre et responsable ;
- sans un co-développement régional solidaire.
Tous les Réunionnais qui partagent cette analyse et qui veulent agir ensemble pour transformer notre société dans ce sens sont-ils prêts à mener un dialogue inter-social, culturel et politique afin d’unir leurs forces à cette fin ? Ou alors resteront-ils encore trop faibles car divisés et trahis par ceux qui défendent avant-tout leurs privilèges et leurs ambitions personnelles au détriment du bien commun ?
Roger Orlu
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4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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