Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Billet philosophique
27 juin 2014, par

Les réflexions philosophiques sont différentes d’autres études scientifiques, comme par exemple les recherches économiques ; mais les liens entre les unes et les autres ne sont pas interdits, même si elles ont chacune ses spécificités, comme l’ensemble des connaissances ; et toutes les sciences humaines ont intérêt à renforcer leurs échanges pour résoudre nos problèmes. D’ailleurs le philosophe et militant politique Karl Marx n’était-il pas aussi un expert en économie ? Voilà pourquoi nous avons trouvé intéressant de faire connaître dans cette chronique quelques réflexions d’économistes sur les voies et moyens de nous libérer du système socio-économique dominant qui ravage notre planète et fait souffrir une grande partie de l’humanité.
Selon une étude du Boston Consulting Group qui vient de paraître, le nombre de personnes possédant des fortunes supérieures à 100 millions de dollars (73,5 millions d’euros) a augmenté de 20% dans le monde en 2013 et le patrimoine de ces super-riches représente désormais au total 8.400 milliards de dollars. Devant ce crime du pillage de la planète par les plus riches, le quotidien français "l’Humanité", fondé par Jean Jaurès, a publié le 10 juin dernier des réponses intéressantes à cette question : « Face au coût du capital, comment se libérer de la contrainte d’un capitalisme de plus en plus financiarisé ? »
Ainsi, pour Nasser Mansouri Guilani, responsable du pôle économique du syndicat français CGT, « la phase actuelle du développement du capitalisme, appelée "capitalisme financiarisé", se caractérise par une ponction de plus en plus forte des valeurs créées par les travailleurs au profit des actionnaires, qui se comportent comme des financiers. Ainsi, le montant des dividendes versés comparé à la valeur ajoutée a été multiplié par quatre depuis trente ans. Dans une étude parue en juillet 2013, les chercheurs du CLERSÉ à l’Université de Lille-1 introduisent la notion du surcoût du capital estimé à 100 millions d’euros ».
Maryse Dumas, membre du groupe CGT au Conseil économique, social et environnemental en France, estime que « la vraie valeur du travail n’est pas de répondre aux objectifs de rentabilité ; elle n’est même pas d’assurer une rémunération (même si c’est très important) à celles et ceux qui travaillent. La vraie valeur du travail est de répondre à leur soif de reconnaissance et d’utilité sociale, de lien social et de réalisation de soi.
La vraie valeur du travail est de permettre à la société de mieux vivre, de maîtriser son devenir et celui de la planète. Elle détermine le droit pour les salariés à intervenir sur les stratégies de gestion des entreprises et, au-delà, sur tous les rouages économiques et sociaux : pas seulement pour un autre partage des richesses, mais aussi pour décider de ce que l’on doit produire ou pas, au service de quels besoins, comment et avec qui ».
Selon Esther Jeffers, membre des Économistes atterrés et du Conseil économique d’ATAC, « s’agissant du système bancaire, il faudrait une réforme qui aboutisse à un pôle financier organisé autour de banques publiques contrôlées démocratiquement. Les banques sont nécessaires à l’économie car, sur le plan macroéconomique, un investissement net implique une création monétaire. C’est ce que les banques seules peuvent faire. Il est donc nécessaire qu’elles soient publiques et contrôlées démocratiquement. Avec une séparation nette des banques commerciales et des banques d’affaires.
Les taux de refinancement des banques devraient être modulés en fonction de l’usage fait de ces financements car le rôle du pôle public ne devrait pas être d’assurer le financement de tous les projets qui lui seront soumis, ni a fortiori de prendre en charge ce qui n’est pas rentable pour laisser le reste au secteur privé. Ce pôle public aura pour mission d’assurer le financement des investissements qui seront jugés socialement et écologiquement utiles. Du secteur du logement au domaine des services publiques (hôpitaux, écoles, eau, énergie, transports, etc), les besoins sont nombreux ».
Les forces démocratiques réunionnaises sont-elles capables et ont-elles la volonté de se concerter et de s’unir pour élaborer et mettre en œuvre un tel projet anti-capitaliste réunionnais pour La Réunion ?
Roger Orlu
Nos peines
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