Alon filozofé

De la méditation à l’action…

Billet philosophique

Roger Orlu / 12 janvier 2018

L’actualité culturelle à La Réunion est marquée notamment par la traditionnelle visite du Dr Jacques Vigne, médecin psychiatre, conférencier, méditant yogiste et écrivain, à l’invitation de l’ARRCC (Association Réunionnaise des Relations et Créations Culturelles), pour tenir du 4 au 19 janvier dans plusieurs régions du pays des conférences et des séances de méditation afin de « transformer notre esprit par la claire vision intérieure et l’apaisement du mental ». Des rencontres qui nous permettent notamment de réfléchir aux liens possibles entre la méditation, la réflexion philosophique et les engagements pour bâtir un avenir meilleur pour l’humanité…

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Le Dr Jacques Vigne en train de distribuer des couvertures aux personnes victimes du tremblement de terre au Népal en avril 2015.

Durant ses rencontres avec les Réunionnais comme avec des citoyens du monde entier, Jacques Vigne, en tant que psychiatre, aide vraiment beaucoup de personnes à trouver les moyens de « se libérer des blessures du passé et à réveiller la joie intérieure » ainsi qu’à « entraîner l’esprit pour éduquer le cœur ». Il les aide aussi à « comprendre notre esprit, le modeler et le transformer par la claire vision intérieure et l’apaisement du mental », notamment par la méditation.

Mais comme il l’a expliqué le 4 janvier au Centre La Solara de Chanya Atlanta à Saint-Gilles les Bains, « méditer peut être thérapeutique mais aussi éthique et social, en améliorant nos comportements envers les autres et en avançant vers l’altruisme ». C’est pourquoi il nous conseille de « méditer pour nous libérer de nos addictions à la violence, afin d’avancer vers la sagesse pour être heureux en donnant du bonheur aux autres » ; et il a cité de nombreux philosophes à ce sujet, comme Frédéric Lenoir, qui préconise notamment dans son dernier livre de « philosopher et méditer avec les enfants ».

« La défense de nos biens communs »

Ces belles pensées, on les retrouve dans les vœux exprimés par plusieurs organisations réunionnaises pour l’année 2018, comme par exemple le GDIR (Groupe de Dialogue Inter-religieux de La Réunion), présidé par Idriss Issop-Banian, qui rappelle que 2010-2020 doit être « la décennie de la fraternité » et que les religions sont « pour la paix ». À ce propos, il lance aussi un appel à la célébration réunionnaise du 16 mai, proclamé par l’Assemblée générale des Nations Unies à sa séance du 17 décembre dernier la « Journée internationale du vivre ensemble dans la paix ».

Nous citerons également les vœux exprimés par l’EPI (Espace pour Promouvoir l’Interculturalité), présidé par Reynolds Michel, pour qui nous devons « favoriser les rencontres interculturelles en luttant contre l’enfermement dans nos identités particulières ». Il nous appelle aussi à « travailler au développement de la cohésion sociale en œuvrant pour des espaces de dialogue et des relations confiantes » ainsi qu’à « retrouver la volonté de lutter ensemble pour la défense de nos biens communs ».

« La responsabilité pour plus d’autonomie »

Dans cet esprit, nous pouvons évoquer l’appel lancé par le Comité Solidarité Chagos La Réunion, présidé par Georges Gauvin, pour qui nous devons continuer à nous unir « pour aider nos sœurs et frères chagossiens dans leur lutte pour le retour chez eux, dans leur pays situé au milieu de l’océan Indien ». D’où ce souhait : « En abordant l’année 2018, nous souhaitons continuer et si possible renforcer nos actions en faveur de la cause des Chagos ».

Le dernier vœu que nous citerons vient du Parti Communiste Réunionnais, présidé par Élie Hoarau, pour qui « l’année 2018 est l’occasion de faire prospérer l’idée d’un projet global pour régler tous nos problèmes
. Le PCR demande donc aux forces vives de saisir l’occasion des Assises du développement organisées par le gouvernement pour faire avancer ce projet global ». C’est pourquoi « le PCR renouvelle son appel à la responsabilité pour plus d’autonomie. En effet, si en 2018 la population ne voit pas qu’elle peut espérer l’amorce d’une rupture avec un système qui produit du chômage et des inégalités, alors ce sera encore une année de perdue, avec pour effet une aggravation de la crise sociale, économique, environnementale et politique de La Réunion ». Voilà comment on peut passer de la méditation à l’action…

Roger Orlu