Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Billet philosophique
17 octobre 2014, par

Du 24 au 30 septembre dernier, le psychologue clinicien et orthophoniste Roland Vallée a tenu trois conférences à La Réunion à l’invitation des Amis de l’Université sur le thème : « Un chemin de plénitude, la musicothérapie’ ». Il a notamment expliqué au public pourquoi et comment la musique peut nous aider à soigner des maladies « à partir de la synergie qui s’opère ente la musique et les éléments fondamentaux dans la vie de tout être humain que sont le souffle, la respiration, la voix, l’émotion, la mise en jeu du corps ». Peut-on tirer des enseignements philosophiques de cette science médicale ?
Même si nous ne sommes pas tous des experts de la musicothérapie, nous sommes capables de témoigner à quel point il nous arrive d’apprécier les diverses vertus de la musique, surtout celle que l’on aime entendre. Entre autres, elle nous donne l’impression de nous faire du bien car elle est agréable, émouvante et finalement bonne pour notre santé.
Mais lorsqu’on parle de musicothérapie, autrement dit des vertus sanitaires de la musique, cela nous fait penser aux mêmes vertus d’autres pratiques quotidiennes comme la danse, l’exercice physique voire sportif, la lecture, le jardinage, etc. Si ces pratiques et bien d’autres sont bonnes pour la santé, on pourrait peut-être parler de "dansothérapie", de "sportothérapie", de "lecturothérapie", de "jardinothérapie" et autres…
Mais pourquoi ne pas parler aussi des atouts de la "philothérapie", autrement dit des avantages médicaux à tirer de la pratique philosophique ? En effet, la philosophie ne peut-elle pas être considérée comme bonne pour notre santé (mentale, comportomentale ou autre) et pourquoi ?
Eh bien, si "l’amour de la sagesse" (la philosophie) a notamment pour objectif de cultiver la réflexion, le savoir, l’esprit critique, la rationalité, le bon-sens, le dialogue, la sincérité, les valeurs humaines fondamentales telles que l’altruisme, la liberté, etc., elle ne peut vraiment que nous faire du bien, personnellement et collectivement. La méditation, la zénitude et la bonté ne sont-elles pas meilleures pour la santé que l’absurdité, la violence et l’injustice ?
Cela nous amène à nous poser une autre question : ne peut-on pas imaginer un lien entre la philosophie et d’autres pratiques citées plus haut, comme la musique, et donc un lien entre la musicothérapie et la philothérapie ? Cette piste de réflexion nous est suggérée par les chants qui posent des problèmes socio-économiques, culturels, environnementaux et autres, comme ceux des artistes d’Oté Pirates.
En effet, dans le très bel album que ce groupe musical réunionnais vient de faire paraître sous le titre "Itinéraire d’un Occitan Indien", il exalte notamment la solidarité avec les personnes qui souffrent de la misère à La Réunion et dans le monde. D’où ce beau cri de Didier Delezay dans son chant "Poor kwassa" : « je hais l’indifférence » ; et son vibrant appel, dans un autre chant, à « être libre et penseur ». Voilà qui fait du bien à tous et partout, non… ?
Nos peines
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