Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Billet philosophique
2 janvier 2015, par

Il existe des calendriers annuels dans les diverses cultures et religions de l’humanité. Mais apparemment, le nouvel an le plus célébré dans le monde est celui que nous venons de vivre, où nous sommes passés officiellement de l’année 2014 à l’année 2015. Et à cette occasion, comme d’habitude, de multiples vœux de ‘’bonne année’’, de ‘’bonne santé’’ et autres divers souhaits positifs ont été exprimés infiniment – en public comme en privé – pour les douze mois à venir. Mais quel est le sens de ces démarches et quelles sont leurs perspectives ?
Dans le cadre de la célébration réunionnaise de la Journée Mondiale de la Philosophie sous l’égide de l’UNESCO, un goûter-philo a été organisé le 17 décembre dernier à la Médiathèque Benoîte Boulard du Port sur cette question de la signification de nos vœux pour cette nouvelle année. Et après avoir eu des échanges sur les destinataires comme sur le contenu de ces vœux avec de nombreux exemples, les participants à cette rencontre se sont interrogés sur leur sens.
Par exemple, ces souhaits sont-ils justes, légitimes, utiles, vraiment avantageux et consacrés à l’essentiel ou bien sont-ils complètement inutiles ? Et surtout, au service de quoi, de qui et pour aller vers où sont-ils exprimés ? Tout cela pose aussi la question du sens que nous voulons donner à notre vie…
Ensuite, un autre problème a été évoqué : ces beaux souhaits que l’on émet sont-ils possibles, réalisables ? Et comment ? À quelles conditions ? Ou alors on se contente de belles paroles et de ce qu’on appelle souvent ‘’des vœux pieux’’ ?…
Cela pose toute la problématique du lien entre les paroles et les actes, entre les discours et les comportements. Ainsi, à quoi sert-il de souhaiter à ses proches et à tous les autres une bonne année, une bonne santé et le bonheur, si concrètement l’on ne fait rien pour aller dans ce sens et créer les conditions réelles de la réalisation de ces vœux, en particulier par un partage équitable des richesses et une démocratie populaire participative ?
Des réponses d’une grande sagesse ont été apportées à ces questions, dimanche dernier sur Antenne Réunion, lors de la diffusion d’un magnifique film philippin d’animation intitulé ‘’La légende de Bouddha’’, où furent présentées la vie et l’œuvre du prince népalien Siddharta Gautama, devenu le célèbre chef spirituel fondateur du bouddhisme entre le 6e et le 5e siècle avant Jésus-Christ. Dans sa « vie pleine de spiritualité », ce grand penseur et éducateur a notamment cultivé les valeurs de la solidarité avec les pauvres et autres personnes en difficultés, en déclarant : « Le bonheur est né de l’altruisme et le malheur de l’égoïsme ».
D’où la question que nous pouvons – ou devons (?) – nous poser lorsque nous prononçons et entendons des vœux de ‘’bonne année’’ : kosa mi fé é kosa nou fé pou batay ansanm kont la mizèr, kont bann zinégalité, kont lo rasism, kont lo mépri anvèr lo pèp rénioné ? Les belles paroles sont sans doute à apprécier mais elles ne servent pas à grand-chose si elles ne sont pas suivies d’un engagement permanent au service des autres.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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