Alon filozofé

Fidèles à Bruny ?

Billet philosophique

Roger Orlu / 18 septembre 2020

De très nombreuses organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion mais aussi du monde entier ont rendu un vibrant hommage à Bruny Payet après son décès dimanche dernier à l’âge de 98 ans pour ses combats tout au long de sa vie pour la libération du peuple réunionnais et internationalistes. De nombreuses personnalités culturelles réunionnaises ont également appuyé dans ce sens. Nous allons citer quelques extraits de ces hommages pour que nous réfléchissions sur les leçons à tirer de ces combats de notre grand frère Bruny.

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Annie Darencourt, de l’association culturelle Ankraké, avec Bruny Payet lors de la célébration de son 93e anniversaire à Saint-Paul en 2015, après la chaîne humaine de la ravine du Trou.

• Le Comité Central du Parti Communiste Réunionnais : « C’est cet idéal communiste qui l’animait. Il s’efforçait, ‘’quoi qu’il puisse lui arriver’’ disait-il, de faire partager cet idéal en militant au PCR qu’il a cofondé avec Paul Vergès et en contribuant au journal ‘’Témoignages’’, qu’il a longtemps dirigé. Bruny Payet était un internationaliste convaincu. Il était solidaire des luttes anti-impérialistes notamment des peuples d’Algérie, du Viêt-Nam, d’Afrique du Sud… Secrétaire Général de la CGTR, il était membre de la Fédération Mondiale des Syndicats (FSM). Il avait noué des relations de luttes avec les travailleurs malgaches, de la Fiséma, de Maurice et des Seychelles.
Bruny Payet disparait aujourd’hui, il laisse derrière lui des acquis fondamentaux pour les Réunionnais et La Réunion comme le SMIC, les allocations familiales, la caisse complémentaire de retraite, la bourse aux boursiers, la cantine gratuite, l’emploi des jeunes et pour l’application à La Réunion du code du travail et des droits sociaux. Le PCR s’honore d’avoir eu à sa direction un militant exemplaire tel que Bruny Payet, qui a consacré sa vie entière à lutter pour le bien-être de ses concitoyens et qui a porté l’espoir d’une humanité fraternelle et heureuse. Merci camarade Bruny ».

• Raymond Lauret : « Aujourd’hui, plus que jamais, nous saluons celui qui, en 1942, à l’âge de 20 ans donc, choisit, comme d’autres jeunes Réunionnais à l’époque, de répondre à l’Appel du Général De Gaulle et de rejoindre la Résistance à l’invasion allemande ».

• Justin : « Mézami moin té apré rogard zoinal parlé midi édmi kan l’anons la mor Bruny Payet la tonbé, an dé fraz épi in pti poigné d’sogond. Ni sort aprann la mor Bruny Payet, lo lansien sogrétèr la CGTR, li l’avé 98 zané.. I fo dir dsi lintèrnèt moin la pa trouv gran-shoz non pli… ».

• Le Président de la CGPER, Jean-Michel Moutama : « Bruny Payet était un grand militant des luttes menées par les Réunionnais, notamment les agriculteurs. (…) En 1959, il fut un des fondateurs du PCR. Malgré la dure répression visant les syndicats et partis politiques progressistes, Bruny Payet œuvra pour l’organisation des planteurs. C’est dans ses réunions clandestines que furent formés des militants à l’origine de la CGPER, Angelo Lauret notamment. Jusqu’à son dernier souffle, Bruny Payet est toujours resté très attentif à l’évolution, n’hésitant pas à faire partager son expérience et son analyse ».

• La Fédération du Parti Socialiste de La Réunion : « Grand militant progressiste, Bruny Payet a consacré sa vie à lutter pour son idéal sociétal. Malgré la violence et la répression de l’époque, le combat de Bruny Payet et des militants communistes reste gravé dans nos mémoires. Toute sa vie, Bruny Payet l’a consacrée à mener le combat pour la justice sociale et l’équité, mais aussi la liberté. Jeune, il s’engagera pour la France libre. Le niveau de conscience militante et d’engagement est un héritage que nous devons continuer à porter. À nous de continuer la lutte pour une société réunionnaise plus juste, plus solidaire et durable ».

Après la veillée mortuaire chaleureuse lundi et mardi au Centre funéraire de Prima de Saint-Denis et sa crémation, les cendres de Bruny Payet ont été déposées dans le Cimetière Paysager du Port dans une tombe juste à côté de la famille Vergès. Cela nous incite à poser question : restons-nous fidèles à Bruny, à Paul et aussi à Mandela, Luther King et Gandhi ?

Roger Orlu