Alon filozofé

Fidèles à Simon Lagarrigue ?

Billet philosophique

Roger Orlu / 24 juillet 2020

L’actualité réunionnaise a été fortement marquée par les nombreux hommages rendus à « un grand militant politique communiste et du maloya » décédé mardi dernier à l’âge de 83 ans : Simon Lagarrigue. Quels enseignements on tire de ces hommages afin d’être fidèles ensemble à ce combattant de la liberté exemplaire du peuple réunionnais et à son camarade Paul Vergès ?

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Le groupe Lagarrigue, entouré de plusieurs responsables du PCR, dont son président Élie Hoarau, lors de l’hommage à Paul Vergès le 11 novembre 2018.

Il faut d’abord noter que ces hommages très chaleureux ont été très divers de la part de plusieurs organisations syndicales, politiques et associatives — comme par exemple la CGTR, le PCR, le PLR, le Comité Solidarité Chagos La Réunion, etc. — mais aussi des personnalités culturelles comme Patrice Treuthardt et Bernard Batou, etc., et médiatiques. À ce sujet, nous citerons le documentaire diffusé ce mercredi par Réunion 1ère Télé, où notamment diverses personnalités militantes ont témoigné sur les nombreux combats menés par ce « grand résistant » contre les fraudes électorales et les répressions très violentes des années 1960-70, contre l’interdiction du maloya et de la lang kréol réunionnaise ; ce qui lui a valu d’être mis en prison en 1968.
Cela nous fait penser à cette cérémonie organisée par le PCR le 11 novembre 2018 au cimetière paysager du Port en hommage à Paul Vergès, décédé le 12 novembre 2016 à 91 ans après une vie de combats pour la libération de notre peuple. Cette cérémonie fut animée par plusieurs jeunes dirigeants du Parti Communiste Réunionnais, comme Firose Gador, Julie Pontalba et Philippe Yée-Chong-Tchi-Kan sur la continuité de ce combat ; et elle s’est terminée par un chant admirable du groupe Lagarrigue, intitulé ‘’Maloya-souvenance’’ pour Paul Vergès.

« Réconciliation et fraternité »

Cela nous fait réfléchir à de nouvelles pensées géniales exprimées récemment par Élie Hoarau, le président du PCR, dans la ligne du Parti fondé en 1959 par Paul Vergès et ses camarades. Il nous a dit notamment que « plus que jamais les Réunionnais doivent être maîtres de leur destin afin d’avoir plus de responsabilités pour élaborer et mettre en œuvre un projet global et cohérent de développement durable et solidaire au service des Réunionnais et dans le cadre d’un co-développement régional solidaire ». À ce sujet, il a ajouté : « Pour atteindre cet objectif, il faut l’union de toutes les forces vives et dépasser les ressentiments ainsi que les rancunes pour des réconciliations ».
Cela nous fait penser au livre publié par un autre dirigeant du PCR, Ary Yee Chong Tchi Kan, en mars 2009 sous le titre « Réconciliation et fraternité », après que « le samedi 19 mars 2006, au siège de la Région Réunion, Paul Vergès, Président de l’institution, accueille, à l’occasion des 60 ans de la loi de 1946, Jean-Louis Debré, Président de l’Assemblée nationale » par une accolade. Conclusion de l’auteur dans son introduction : « comme l’abolition de l’esclavage, la disparition du statut colonial nous a appris qu’il n’était de chaîne qui ne puisse être rompue, et que nous pouvions, tous ensemble, aller vers un monde nouveau, apaisé et fraternel, où les inégalités et les injustices d’aujourd’hui rejoindront celles d’hier aux poubelles de l’Histoire. ‘’Réconciliation et fraternité’’ se veut être un plaidoyer pour cette ère nouvelle de combats fondamentaux des Réunionnais pour leur avenir ».

Roger Orlu