Alon filozofé

Kosa mi fé pou la non-violence é la fraternité ?

Billet philosophique

Roger Orlu / 4 octobre 2019

Afin d’illustrer comme vendredi dernier à quel point « de plus en plus de militants de la cause réunionnaise s’engagent ensemble dans les combats pour le respect des droits et de la dignité de leur peuple comme pour celui de tous les peuples du monde », nous allons citer deux nouveaux exemples. C’est une manière de réfléchir ensemble au renforcement de ces engagements pour de grandes causes humaines.

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Gilles Sagodira, Régine Armoudom et Jacques Vigne, trois des organisateurs et animateurs de la Nuit de la Méditation pour la non-violence (‘’Ahimsa’’).

Ce fut d’abord le cas du samedi soir 28 septembre au dimanche matin 29 septembre à la médiathèque François Mitterrand de Saint-Denis, où l’ARRCC (Association Réunionnaise des Relations et Créations Culturelles), présidée par Sabine Armoudom-Paulic, a organisé la 8e édition de sa Nuit de la Médidation pour la non-violence (‘’Ahimsa’’). Cette nuit fut marquée notamment par la présence de Tara Gandhi, la petite-fille du Mahatma Gandhi, dont l’arrière petite-fille a pris la parole pour rappeler les grands combats menés par ce célèbre militant anti-colonialiste indien et défenseur de la non-violence. À noter que Tara Gandhi a tenu aussi une belle conférence ce mercredi 2 octobre à la mairie de Saint-Denis pour rappeler l’importance des combats menés par son grand-père « pour la libération de son pays, contre la pauvreté, l’avidité, les inégalités, pour l’amour, une voix douce, modeste et le respect de l’environnement », avant d’être assassiné en 1948.
Lors de la nuit ‘’Ahimsa’’, une trentaine de penseurs, poètes, professeurs de yoga, artistes, etc. de La Réunion et d’autres pays sont intervenus avec beaucoup de compétence pour faire réfléchir le public sur les moyens de cultiver « un cœur en paix pour un monde en paix », méditer « pour une poésie spirituelle, visant à apaiser et à purifier le cœur et le mental », « cultiver la paix intérieure », « développer la paix », « calmer l’esprit pour participer à la paix dans le monde », montrer que « la bienveillance est un remède contre la violence »… Nous retiendrons aussi la belle intervention de Gilles Sagodira, docteur en sciences de l’éducation, activiste de la paix et poète œuvrant pour la préservation de la biodiversité, qui a proclamé un poème intitulé ‘’Unissez-vous derrière la science’’, soutenant la jeunesse engagée et dédié à la fois à Tara Gandhi et à Greta Thunberg. Dans ce poème, il lance un appel : « Détruisez vos armes et ouvrez vos maisons pour vaincre le règne de l’arrogance. (…) L’aveuglement de nos dirigeants empêtrés dans la banqueroute morale et intellectuelle s’embourbe dans la honte des pays égoïstes et des nations inconscientes ».

« Samem nout’ l’unité ! »

Ce genre d’appel fut à nouveau lancé ce dimanche à La Plaine des Cafres lors du grand rassemblement organisé par le GDIR (Groupe de Dialogue Inter-religieux de La Réunion), présidé par le professeur et poète Idriss Issop-Banian, pour la 11e Journée Réunionnaise de la Fraternité. Comme ‘’Témoignages’’ l’a déjà dit, « cette célébration fut une grande réussite par le nombre de participants et de partenaires qui sont venus apporter leur soutien à cet engagement du GDIR mais aussi par les valeurs humaines exprimées avec force lors de cet événement ».

‘’L’Appel à la Fraternité’’ proclamé en créole par tout le public avec enthousiasme invite notamment tous nos compatriotes à assumer leurs responsabilités dans ce domaine en nous disant : « La fraternité ek la responsabilité oté ! Oui mon fra ! samem nout’ l’unité ! ». Et concrètement cela s’est traduit en particulier par la participation à cette journée d’une forte délégation de migrants sri-lankais, soutenus par le GDIR et d’autres associations comme ANSAMB OI, car « notre devoir est d’accueillir l’étranger, c’est un des devoirs de la fraternité », comme l’a dit Idriss Issop-Banian, co-auteur avec Patrice Treuthardt et Maximin Boyer de ‘’Hymne La Réunion’’ « pou nou viv dann in péi an dalonaz ». Tout cela nous conduit à nous poser la question : kosa mi fé vréman pou la non-violence é la fraternité ?

Roger Orlu



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Messages






  • Moi je sais une chose . Cette chose est connue, reconnue . Cette chose est pour qu’il n’y ait pas de violence à toute fraternité c’est d’abord de reconnaître l’autre comme existant. Accepter l’autre tel qu’il est et non comme vous souhaitez qu’il soit.Connaître. Reconnaître. C’est la base de la solidarité .
    Je déplore et tout mon collectif déplore cette attitude de l’oubli pratiqué chaque jour par les éluées , les élus de toutes organisations,politiques, religieuses. OUI RECONNAITRE les Réunionnaises, les Réunionnais qui ont "sot la mèr".
    Ce qui est vrai pour nous est vrai pour les autres humains .AH ! Ces oubliées, ces oubliés de votre quartier ! Les jeunes d’abord . Ces jeunes n’ont pas demandé à être ce qu’ils sont ! Eux aussi ont rêvé d’un monde fraternel .Eux aussi ont rêvé d’un monde où chaque jeune aura sa place . Ces jeunes ont voulu eux aussi VIVRE dignement ! Et les chômeurs !!! Les exclues, exclus !!!
    Qu’avez-vous fait ?
    Qu’avons-nous fait nous les adultes ?
    Nous qui sommes en Métropole nous savons que et je pèse mes mots" Jamais vous parlez de nous . Jamais vous avez une pensée pour nous qui souffrons . Nous qui sommes comme VOUS Réunionnaises, Réunionnais et qui avons su combien la famille est importante Nous les OUBLIÉES. NOUS les OUBLIES . Nous vos oubliées, oubliés volontaires.
    Oublier l’autre c’est se consacrer qu’à soi . L’égoïsme naît et se développe !!!
    Et la violence frappe .

    Aimé TECHER Porte Parole du collectif Réunionnais en Métropole OUBLI PA NOU

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