Alon filozofé

L’importance de l’internationalisme

Billet philosophique

Roger Orlu / 23 mars 2018

Comme nous l’avons signalé dans cette chronique vendredi dernier, la célébration réunionnaise en 2018 de la Journée Mondiale pour les Droits des Femmes a été marquée notamment par des appels à la solidarité avec les femmes du monde entier en difficultés, comme par exemple les Palestiniennes. De quoi réfléchir à l’importance de cultiver la solidarité internationale, si nous voulons analyser dans quel monde nous vivons et comment le transformer…

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‘’Happy’’, le concert du Maïs Club en solidarité avec l’association Ti Prince Marmailles pour les enfants malades du cancer.

Lorsque nous voyons les drames quotidiens vécus par la plus grande partie de l’humanité, sommes-nous conscients des causes fondamentales de ces problèmes socio-économiques, environnementaux, culturels, relationnels et institutionnels qui mettent en cause la vie sur Terre ? Nous pensons par exemple aux famines, aux inégalités sociales, aux effets des pollutions, aux guerres, etc.

Derrière tout cela, n’y a-t-il pas notamment les nationalismes au service de la loi du marché et du profit, avec la priorité accordée par les classes dominantes à l’exploitation des plus pauvres, à la compétition, à la concurrence et aux rivalités plutôt qu’à la coopération, à la solidarité internationale, à la justice et à la négociation pour la paix ? D’où l’importance à la fois du respect de la démocratie — avec les pouvoirs de décisions accordés aux classes dominées — et de la culture de l’internationalisme.

« Plus de liberté, d’autonomie »

Dans cet esprit, à La Réunion, le Parti Communiste Réunionnais se bat depuis 59 ans pour l’union de nos compatriotes autour d’un projet commun en faveur d’un peuple réunionnais libre et responsable, solidaire de tous les peuples du monde. Dans ce but, nous devons lutter ensemble pour l’internationalisme afin de combattre le capitalisme ; et au moment où l’on célèbre le 200e anniversaire de la naissance de Karl Marx, on peut rappeler l’importance donnée par ce philosophe à ce concept car « une attitude dédaigneuse envers l’alliance fraternelle qui doit exister entre les ouvriers des divers pays et les inciter à se soutenir fermement les uns les autres dans leur lutte de libération est punie par une défaite générale de leurs efforts isolés ».

Le célèbre philosophe contemporain Edgar Morin plaide dans le même sens dans un entretien qu’il vient d’avoir pour commémorer le mouvement populaire de mai 1968 en France. À ce sujet, il souligne que « soixante-huit a incarné des aspirations très profondes qui étaient portées surtout par la jeunesse étudiante (…) à plus de liberté, d’autonomie, et à de la fraternité, de la communauté ».

« Résiste »

Ces valeurs fondamentales ont été exprimées par des Réunionnais, à la fois avec une grande force et d’immenses talents artistiques, lors d’un concert de solidarité organisé le samedi 17 mars au Téat Plein Air de Saint-Gilles pour soutenir l’association Ti Prince Marmailles en faveur des enfants malades du cancer. Et nous voulons signaler que ces actions humanitaires ont une dimension internationale car « certains enfants sont seuls, loin de leurs parents ; ils arrivent de la zone Océan Indien, Maurice, Mayotte, Comores, Madagascar et Seychelles ».

Lors de ce concert ‘’Happy’’ offert par le groupe Maïs Club, de nombreux chants en anglais, français et créole ont mis en avant des principes fondamentaux à défendre, comme par exemple « la liberté est une condition du bonheur, en plus de la santé et de l’amitié ». Nous citerons aussi ce chant de France Gall : « Résiste. Prouve que tu existes. (…) Refuse ce monde égoïste. Résiste. (…) Bats-toi, signe et persiste. Résiste ».

Roger Orlu