Crise de l’eau : alerte générale à La Réunion
6 août, par180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
Billet philosophique
28 avril 2017, par

Suite aux récentes Rencontres de l’Éducation de l’océan Indien sur « Une pédagogie qui unit et qui libère » et suite à celles sur « Philosopher avec les enfants » (voir nos précédents ‘’biyé filo’’), un nouvel événement important vient de se dérouler sur les problèmes de l’enseignement. Il s’agit du colloque international co-organisé par Lofis la lang kréol La Rényon et le CIRCI (Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Construction Identitaire) à l’université de La Réunion les 21 et 22 avril sur le thème « Langue(s) et acquisition de la lecture ». Là encore, il y a beaucoup de leçons positives à retenir…
Ainsi, lors de ce colloque consacré à la lutte contre l’illettrisme, les divers experts venus de plusieurs pays créoles (Haïti, Seychelles, Maurice, La Réunion) ont notamment souligné l’importance de ce problème à prendre en compte. En effet, apprendre aux enfants — comme à tous les citoyens — à savoir au mieux lire et écrire est un des moyens essentiels pour créer les conditions d’un développement humain solidaire et durable.
Dans ces pays comme dans le monde entier, l’illettrisme et l’analphabétisme sont des facteurs de problèmes socio-économiques, culturels, environnementaux et institutionnels. C’est pourquoi les pouvoirs publics ont le devoir de corriger leurs carences en termes de littératie dans le système éducatif.
Afin d’aller dans ce sens, comme l’a expliqué Mario Serviable dans sa synthèse du colloque, tous les participants à cette rencontre internationale ont plaidé en faveur de la multilittératie. C’est-à-dire l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et des échanges verbaux dans plusieurs langues, à commencer par les langues maternelles, comme le créole par exemple.
Là aussi, malgré certaines avancées mises en œuvre pour la culture de la langue créole dans plusieurs pays, les intervenants ont mis l’accent sur les insuffisances de la promotion du multilinguisme et notamment sur l’infériorisation du créole qui continue. Tout cela est lié au fait que « la situation coloniale perdure encore » dans bien des domaines.
Outre les qualités de toutes ces analyses et des solutions présentées à ce colloque concernant la lutte contre l’illettrisme — grâce notamment à la valorisation du créole —, ce qui a aussi marqué cet événement ce sont les liens d’amitié tissés et renforcés entre les représentants de plusieurs pays. Ainsi, il a été prouvé à cette occasion que, face aux divers défis à relever dans les années à venir, il est très important de réaliser un véritable co-développement régional solidaire dans l’Indianocéanie pour un océan Indien de justice et de paix.
C’est pourquoi, en tant que Réunionnais, face aux diviseurs et profiteurs néo-coloniaux qui dirigent le pays, nous devons plus que jamais nous rassembler dans le combat pour faire respecter les droits de notre peuple en termes de responsabilité et donc de pouvoir de décision pour tout ce qui le concerne. Et dans cet esprit, pour changer notre société, nous devons aussi unir nos forces démocratiques face au nationalisme, à la xénophobie et à la haine des migrants que prône le Front National ; non au néo-fascisme, oui à la solidarité des peuples pour changer le monde !
Roger Orlu
180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
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