Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Billet philosophique
4 septembre 2015, par

Le samedi 29 août dernier à la bibliothèque Alain Peters du Moufia, le philosophe réunionnais Radjah Véloupoulé a donné le bonheur à plusieurs personnes de découvrir les trésors de l’œuvre d’un grand penseur africain du siècle dernier : le sénégalais Cheikh Anta Diop (1923 – 1986). Une œuvre malheureusement trop peu enseignée et dont nous avons encore beaucoup de leçons à tirer pour changer notre société.
Lors de cette conférence sur le thème ‘’Cheikh Anta Diop : civilisation ou barbarie ?’’, Radjah Véloupoulé a présenté ce chercheur comme « un grand monsieur qui a changé ma vie » et il a rappelé au public que pour Aimé Césaire « il a produit l’œuvre la plus audacieuse qu’un Africain n’ait jamais écrite ». À la fois historien, anthropologue, égyptologue, physicien et militant politique, il a notamment « mis l’accent sur l’apport de l’Afrique et en particulier de l’Afrique noire à la culture et à la civilisation mondiale », au point que « son actualité n’a jamais été aussi vivace ».
Dans plusieurs de ses livres et en particulier son dernier ouvrage, paru avant son décès sous le titre ‘’Civilisation ou barbarie, anthropologie sans complaisance’’, Cheikh Anta Diop souligne notamment que « l’humanité doit rompre définitivement avec le racisme et avec toutes les formes d’esclavages comme de barbaries ». À cette fin, il préconise que « toutes les nations du monde doivent se donner la main pour bâtir une civilisation mondiale ».
Cette solidarité humaine internationale, opposée à la barbarie du capitalisme et à la mondialisation de la concurrence, de la compétitivité, de la dictature de la loi du marché et de la finance, passe par une véritable « révolution sociale ». Et « la construction d’une civilisation planétaire » — dans le respect de l’égalité entre les diverses civilisations humaines — est indispensable « pour entrer dans une ère d’entente universelle ».
Voilà pourquoi le philosophe Cheikh Anta Diop était aussi un militant anticolonialiste, qui s’est battu pour une démocratie populaire dans son pays, après la conquête de l’indépendance par le peuple sénégalais en 1960. Radjah Véloupoulé, ex-conseiller régional délégué à la Culture lors du mandat de Paul Vergès, a souligné l’importance de ces combats pour la liberté, la justice et la paix, en mettant un terme — entre autres — aux « comportements instinctifs et animaliers », en priorisant « les échanges et l’entente sur un projet commun émancipateur ».
Au moment où se préparent les prochaines élections régionales dans trois mois, ces réflexions nous conduisent à nous poser des questions sur le sens de la politique. Alors que la priorité absolue pour la bourgeoisie conservatrice dans ce domaine est la rivalité des candidatures afin d’obtenir du pouvoir pour des profits personnels, plusieurs intervenants lors de la rencontre avec Radjah Véloupoulé ont plaidé pour le rassemblement en faveur d’un projet transformateur de notre société.
Voilà donc le problème qui est posé : la politique à La Réunion a-t-elle pour objectif de pérenniser la barbarie dans les relations humaines ou de faire avancer la civilisation par la création d’une société libre, démocratique, équitable, non polluée, solidaire et responsable avec un pouvoir réunionnais ? La réponse appartient aux engagements et aux combats que nous allons mener ensemble sans la moindre ambition personnelle mais au service des plus pauvres.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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Messages
4 septembre 2015, 17:52, par titienne
Certes on est plus dans la période où des personnes courageuses , déterminées, s’engageaient pour le déroulement NORMAL des opérations électorales mais je considère tout de meme ce qui fait la force d’un programme c’est son sérieux dans la capacité à amener son peuple vers un développement solidaire, Humaniste, surtout pas, plus jamais même l’attisation de la haine, l’affrontement physique donc continuons à etre vigilant .
Oui à la confrontation des programmes, non à l’affrontement physique !