Alon filozofé

Les avancées de la culture et de l’identité réunionnaise

Billet philosophique

Roger Orlu / 3 novembre 2017

Que se passe-t-il face au système néo-colonial assimilationiste de l’État français et de ses collaborateurs ‘’péi’’ qui infériorise la culture et l’identité spécifique du peuple réunionnais ? On a pu voir tout au long de cette semaine créole 2017 à quel point la résistance de nos compatriotes à ce système néfaste ne cesse de se renforcer.

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Le groupe Tine Poppy à la remise de prix LanKRéol 2017. (photo CCEE)

Par exemple, le jeudi 26 octobre à la Bibliothèque Intercommunale Alain Lorraine de Saint-Denis, lors d’un ‘’Sobatkoz sur la langue et l’écriture créole’’ animé par Nicolas Baraka, Loïc Dombard et Richard Minatchy de l’association Vareas avec la participation de Patrice Treuthardt et Expédite Cerneaux, on a pu mesurer « l’impact vital du kozman kréol », comme l’a dit cette écrivaine. Et Patrice Treuthardt a notamment mis l’accent sur le fait que « lamour nout lang donn du bonheur comme l’amour conjugal ».

Les échanges de ce ‘’sobatkoz’’ ont permis de souligner que « le multilinguisme est une clé pour la paix », comme l’a dit une intervenante du public. Et la jeunesse réunionnaise joue un rôle de plus en plus important dans la valorisation de ‘’nout kiltir kréol La Rényon’’, comme l’a montré le leader d’un groupe musical au nom symbolique : Kaf Maron.

« Dynamiser l’écriture en créole »

Le lendemain, dans la mairie de Bras-Panon, le professeur d’université Prosper Ève a tenu une conférence-débat sur le thème : ‘’Propos sur le discours historique de La Réunion’’, où il a montré à quel point il est indispensable d’étudier et de connaître toujours mieux notre histoire pour préparer notre avenir. À ce propos, il a notamment cité l’exemple des esclaves marons, qui se sont battus « pour assumer leurs responsabilités, construire leur histoire et cultiver l’espoir face à l’esclavage ».

Cette culture de l’espoir face à l’oppression du peuple réunionnais sur le plan culturel a été illustrée avec force le samedi 28 octobre lors de la remise de prix LanKRéol 2017 après le concours littéraire organisé depuis 14 ans par le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement (CCEE), l’Union de la défense de l’identité réunionnaise (UDIR) et la Ligue réunionnaise de l’Enseignement. À cette occasion, ces organisations et leurs partenaires ont exprimé de façon intense leur détermination à « encourager et dynamiser l’écriture en créole réunionnais ».

Un peuple libre et responsable

Le même jour, au Centre culturel Nelson Mandela de La Possession, dans le cadre de la Somèn Kréol, Marie-Claire Madé, présidente de l’association Yambane, a animé une conférence de Daniel Lauret, docteur en études créoles, sur l’œuvre de Jean Albany. Lors de cette rencontre, a été rappelée par exemple « une des questions fondamentales de l’identité réunionnaise : quels liens culturels et sociaux y a-t-il dans une société inégalitaire ? ».

Enfin, nous citerons la conférence tenue par Francky Lauret le lundi 30 octobre à la mairie de Saint-Denis sur ‘’l’humour an kréol rénioné’’, où cet enseignant de nout lang péi à l’Université a montré les richesses considérables de l’esprit critique de notre peuple exprimé dans son humour, ses moukataz, ses foutan et autres blag. Comme quoi le combat continue contre les commandeurs, les oppresseurs et les profiteurs, pour que le peuple réunionnais devienne libre et responsable…

Roger Orlu