Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Billet philosophique
29 août 2014, par

De plus en plus de Réunionnais veulent se libérer du système assimilationniste qui domine le pays, en montrant leur volonté de penser, s’exprimer et agir en tant que Réunionnais — bien-sûr solidaires de tous les autres peuples du monde — afin de pouvoir assumer leurs responsabilités en tant qu’être humains libres et raisonnables. Voilà des attitudes à soutenir et à valoriser si l’on veut faire avancer la philosophie dans le pays…
Le jeudi 21 août dernier dans l’après-midi, le maire socialiste de Saint-Denis a tenu un discours très intéressant devant le président de la République et les élus réunionnais rassemblés à l’occasion de la visite de François Hollande à La Réunion. En effet, il a notamment plaidé en faveur d’une « souveraineté réunionnaise » pour régler les problèmes du pays et montré l’importance du drapeau réunionnais ; un symbole porteur des valeurs portées par notre peuple depuis 351 ans à travers trois couleurs : la force avec le rouge, la douceur avec le bleu et la clarté avec le jaune.
Ces prises de position de l’élu dionysien vont à l’encontre du système politique, socio-économique, culturel et institutionnel en place, qui manifestement n’a pas été mis en cause par le chef de l’État durant son séjour. Et les Réunionnais sont de plus en plus mécontents que celui-ci ne mette pas en œuvre les projets spécifiques réunionnais essentiels sur lesquels il s’était engagé lors de sa campagne électorale le 1er avril 2012 à Saint-Louis devant les responsables du Parti Communiste Réunionnais.
D’ailleurs, durant la matinée de ce même 21 août, devant la préfecture, plusieurs organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion ont organisé un rassemblement pour réclamer notamment à l’État « une politique de développement » et « un réel dialogue social ». À cette occasion, Éric Marguerite, secrétaire général du syndicat Force Ouvrière, a insisté sur la nécessité de « réaliser des mesures spécifiques adaptées à nos problèmes pour créer une nouvelle société ».
Cela implique évidemment l’application d’une gouvernance réunionnaise démocratique, avec un pouvoir de décision au peuple réunionnais — notamment les plus pauvres — pour tout ce qui le concerne. Mais le fait est clairement établi : François Hollande n’a pas apporté de réponse positive à toutes ces questions fondamentales et à l’application de ses engagements en avril 2012.
D’où l’importance de faire connaître les messages très forts lancés le lendemain soir à Léspas culturel Leconte de Lisle à Saint-Paul par un jeune et talentueux artiste réunionnais, Idriss Judith, le leader du groupe Kafmaron. Pour ce chanteur, musicien et compositeur saint-paulois de 23 ans, entouré de 9 musiciens, la culture de notre mémoire historique et de notre héritage culturel est très importante et il met cela beaucoup en valeur.
D’ailleurs, durant son magnifique concert, il a exprimé — entre autres — son « amour pou lo maloya », qui « dit non à la soumission, oui à la révolution », et il a lancé au public des idées fortes : « ansanm nou tyinbo », « kan mwin la pèr mwin lé pa a la hotèr », « lo konba i kontinu pou la libèrté », « mon nasyon in kèr maron ». Cette culture de la fidélité à nos ancêtres résistants à l’esclavage donne de quoi réfléchir, s’exprimer et agir en Réunionnais pour changer notre société…
Roger Orlu
Nos peines
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