À Saint-Denis, la solidarité face à une misère qui s’aggrave 80 ans après la fin du statut colonial
3 août, parDistribution de repas et de vêtements à des pauvres de Saint-Denis
Billet philosophique
22 février 2019, par

Une belle manifestation réunionnaise contre le racisme a eu lieu ce mardi sur le parvis de Champ-Fleuri à Saint-Denis à l’appel de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) de La Réunion et ce rassemblement a été marqué notamment par une forte unité dans la diversité de notre société civile, religieuse et politique pour défendre cette cause. On peut retenir aussi de cet événement symbolique que, dans sa belle allocution, la vice-présidente de la LDH, Virginie Hoareau, a souligné — entre autres — qu’il faut donner une vision à la fois réunionnaise et internationale à la lutte contre le racisme.
Ce combat contre le racisme fait partie de toute l’histoire du peuple réunionnais, comme l’ont rappelé par exemple l’an dernier de nombreux artistes et écrivains du pays à l’occasion de l’hommage rendu au célèbre poète Leconte de Lisle (1818 – 1894). D’ailleurs, dans un CD consacré à ce poète réunionnais sous le titre ‘’Leconte de Lisle, Poèmes de l’Ile Natale’’, réalisé notamment par Shams et Éric Sidha Chetty en 1996, il est rappelé que ce « grand érudit, esprit universel » est un des plus illustres personnages de La Réunion » et que « son combat résolu pour l’abolition de l’esclavage et son engagement total dans la Révolution de 1848 le placent parmi les hommes de progrès et les défenseurs de la Liberté ».
C’est pourquoi nous voulons vous signaler cette magnifique statue consacrée à Leconte de Lisle par le talentueux sculpteur réunionnais Marco Ah-Kiem et que l’on peut voir près du stade de l’Étang Saint-Paul dans la cour située dans la rue Edmond Albius à côté du magasin ‘’La Magie des Glaces’’. Cette statue rappelle le parcours militant de ce successeur de Victor Hugo à l’Académie Française, qui fut notamment « exaspéré par les cris des Noirs maltraités par son père ».
Cela nous fait penser aux valeurs humaines fondamentales défendues avec force et talent par le chanteur marseillais et humanitaire Jean-Claude Gianadda, que nous avons déjà cité dans cette chronique le 7 janvier dernier à l’occasion de ses concerts bénévoles à La Réunion en début d’année. Pour lui, « rien n’est plus grand que ce mot frère qui nous unit » et voici ce qu’il préconise dans un de ses chants pour cultiver la fraternité universelle : « Nous construirons des ponts, avec force et courage, avec des idées neuves, discussions et débats, avec des inconnus, avec le voisinage. (…)Nous construirons des ponts au-dessus des frontières, pour découvrir enfin le plus beau des pays. Nous construirons des ponts, pour recoudre la Terre et ensemble soudain ensoleiller nos vies ! ».
Après avoir rappelé qu’« il restera de nous ce que nous avons semé », Jean-Claude Gianadda cultive notre responsabilité et notre engagement dans le dernier chant de son CD 9 (‘’Veiller et Prier’’) en nous disant : « Nous le voulons ce monde bleu plein de soleil avec des milliers de colombes dans le ciel, avec des fleurs, des champs de blé et là-bas un bel arc-en-ciel. (…) Et nos maisons accueilleront cette lumière, chacun sera le citoyen de cette terre ». Voilà pourquoi nous devons combattre toutes les formes de racismes, de dominations, d’injustices, de non-respect des droits humains et de la dignité humaine à La Réunion comme dans le monde entier… Et vive le pouvoir aux Réunionnais pour un développement durable, solidaire, équitable du pays !
Roger Orlu
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