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Billet philosophique
25 novembre 2011, par
Depuis une semaine, les Réunionnais célèbrent la Journée Mondiale de la Philosophie. Une célébration qui cette année encore va durer un mois pour notamment cultiver la philosophie comme « une école de la liberté », ainsi que le dit l’UNESCO dans un livre très intéressant. Voilà pourquoi, dans ce ’billet philo’, nous ne pouvons pas ne pas émettre quelques réflexions sur un des principaux événements culturels de 2011 à La Réunion : la publication par le Cercle Philosophique Réunionnais de cet ouvrage collectif intitulé ’Manifeste pour une pensée créole réunionnaise’. [1]
Un des principaux problèmes qui restent à résoudre dans notre pays, près de trois siècles et demi après le début de sa colonisation, est l’oppression culturelle et idéologique bourgeoise imposée par le système socio-économique et politique dominant au peuple réunionnais. Cette oppression, qui contribue à pérenniser ce système aux effets souvent désastreux sur le plan humain, est caractérisée notamment par les difficultés de penser en Réunionnais et en citoyen du monde.
Ces difficultés sont dues à "l’assimilationnisme métropolitain" appliqué de façon quasi systématique par le monde médiatico-politique mais aussi par le système éducatif, qui n’a pas pour priorité l’éducation citoyenne et populaire afin de préparer la jeunesse réunionnaise à prendre en mains la construction libre et responsable de son avenir. Cela se traduit concrètement par le non-respect de l’identité culturelle réunionnaise, son infériorisation et la non-valorisation de ses atouts dans le cadre d’un développement durable et solidaire.
« Des voies à suivre »
Cette situation va à l’encontre des richesses de la « pensée créole réunionnaise » largement exposée et défendue par le "Manifeste" publié par le Cercle Philosophique Réunionnais, sous la direction de sa présidente, Aude-Emmanuelle Hoareau. Un ouvrage paru environ un an après la sortie de l’ouvrage de cette enseignante réunionnaise, docteure en philosophie, sous le titre "Concepts pour penser créole".
Comme cela est dit en quatrième page de couverture du "Manifeste", le peuple réunionnais montre chaque jour à quel point il est capable de faire face à l’idéologie et à la culture dominantes générées par le système économique dominant. Dans notre pays comme ailleurs, existe « une volonté de résistance à l’uniformisation du monde, par la pensée et la culture. Cette résistance pacifique et créative, le peuple réunionnais la cultive de plus en plus par son interculturalité. Ce parcours populaire unique au monde doit être poursuivi afin de favoriser l’épanouissement de chaque Réunionnaise et Réunionnais. Le Manifeste propose ainsi des voies à suivre pour atteindre cet objectif ».
« Nou lé kapab »
Afin de suivre cette voie de la justice et de la liberté, il est important que les forces vives et transformatrices des organisations associatives, syndicales et politiques prennent conscience de leur responsabilité en la matière et mènent des actions communes dans ce sens. En effet, ce combat émancipateur du peuple réunionnais, hérité de nos ancêtres depuis le début de la colonisation, ne pourra l’emporter que s’il est toujours plus uni et solidaire.
Tout est fait chaque jour par les classes dominantes pour diviser le peuple réunionnais afin de mieux le dominer et de profiter de la situation. D’où la question : pouvons-nous nous unir toujours davantage pour nous rendre compte que la cause principale de nos problèmes est le fait que trop de Réunionnais ont encore les pieds ici, dans leur pays, mais leur tête à dix mille kilomètres, en croyant que c’est à Paris plutôt qu’à eux-mêmes de prendre librement les décisions politiques qui les concernent ? Oui, nous le pouvons car « nou lé kapab majine, kalkil, viv an Rényoné », comme dit le "Manifeste". Allons donc prouver ensemble à nos décideurs parisiens que « nou lé kapab pansé par nou mèm pou libèr nout péi ».
Roger Orlu
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Mézami pétète zot va domann amwin pou kossa mi di sak mi sa di, sansa kissa la done amwin la pèrmissyon pou dir sak mi sava dir é zot nora rézon. (…)
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