Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Billet philosophique
27 décembre 2013, par

De plus en plus de voix s’élèvent dans le pays pour dire que la priorité des priorités à La Réunion est l’union la plus large possible du peuple réunionnais dans l’engagement et l’action pour un projet partagé créant enfin les conditions d’un développement durable. Pour répondre à cet appel légitime, face aux colonialistes et à leurs collaborateurs ’péi’ qui passent leur temps à tout faire pour diviser les Réunionnais afin de profiter personnellement du système dominant actuel, il faut notamment vouloir et pouvoir se parler dans le but de respecter l’intérêt commun de notre peuple. Mais comment cela est-il possible ?
Tout d’abord, posons-nous la question en faisant un lien avec un événement d’actualité : le rassemblement de mardi prochain à 10 heures à l’Espace Citoyen de Saint-Paul pour inaugurer le compte-à-rebours « égrenant le nombre de jours nous séparant de la date échéance des Objectifs du Millénaire pour le Développement » visant à éradiquer l’extrême pauvreté d’ici le 31 décembre 2015 au plus tard. Donc en quoi est-il indispensable de se parler entre Réunionnais à ce sujet ?
Comme le dit le Comité de l’Appel de l’Ermitage dans son invitation à cette inauguration, plus nos compatriotes seront nombreux à échanger des idées pour s’entendre sur des propositions communes, plus il sera possible d’en finir avec l’extrême pauvreté à La Réunion d’ici deux ans au maximum. Mais comment y parvenir et comment est-il possible que l’on puisse ne pas se parler pour aller ensemble dans ce sens ?
Certes, entre des adversaires déterminés à se combattre, il est impossible de se parler. De même, par exemple, que dans un couple où la priorité n’est pas la recherche de l’entente pour vivre toujours plus et mieux dans l’amour, il n’y a pas grand chose à faire entre ennemis politiques et il n’y a pas d’illusion à se faire à ce sujet.
Mais s’il y a une volonté de dialogue pour s’entendre sur l’essentiel en fonction des valeurs que l’on partage réellement — comme par exemple la lutte contre la pauvreté —, cette entente n’est-elle pas possible ? C’est donc une question de volonté politique, dans le sens noble du terme, qui privilégie l’intérêt collectif plutôt que les avantages personnels.
Enfin, se pose une autre question : comment faire pour pouvoir se parler lorsqu’il y a un problème à ce sujet ? D’abord, il s’agit bien sûr de privilégier à la fois l’écoute de l’autre et la détermination à rechercher l’entente sur le plus important pour servir les plus pauvres. Certes, on peut avoir des point de vue différents sur telle ou telle question mais l’essentiel est de savoir si l’on veut vraiment trouver un accord sur l’objectif que l’on dit partager.
Comme le dit Bouddha, ce célèbre chef spirituel népalais du 6ème - 5ème siècle avant Jésus-Christ, « le bonheur est né de l’altruisme et le malheur de l’égoïsme ». Et comme le dit le philosophe grec Épicure (341 – 270 avant Jésus-Christ), « il n’est pas possible de vivre heureux sans être sage, honnête et juste ». Voilà de quoi faire réfléchir celles et ceux dont les comportements divisent notre peuple pour le bonheur des profiteurs…
Roger Orlu
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Nos peines
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