Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Billet philosophique
6 février 2015, par

Dans cette chronique, nous avons déjà plusieurs fois fait part de diverses réflexions autour du concept du “développement durable“ et notamment de ses six piliers fondamentaux : l’économie sociale et solidaire, la société équitable, le respect de l’environnement, l’importance de la culture et de l’éducation, la politique démocratique et le co-développement solidaire entre les peuples. Le mardi 27 janvier dernier, Bruno Bourgeon, président de l’Association Initiative Dionysienne (AID), a animé un caf’éco d’éducation populaire où il a cultivé l’esprit critique des « indicateurs économiques mondiaux », qui sont les références officielles du modèle de développement barbare actuel, dominé par le système capitaliste.
Lors de cette rencontre, le Docteur Bourgeon a notamment montré les dangers voire la nullité de l’un des principaux indicateurs économiques mondiaux – le Produit Intérieur Brut (PIB) – en tant que critère du développement durable d’un pays comme de la planète. En effet, dit-il, « cet indicateur de la production économique n’est en aucun cas un indicateur du bien-être humain ».
En particulier pour les raisons suivantes : d’une part, « le PIB ne prend pas en compte l’épuisement des ressources non renouvelables, qui se répercute sur le
bien-être des générations futures ». D’autre part, « le PIB n’intègre pas les loisirs, valeur pour la société qui contribue au bien-être ». Enfin, « le PIB ne fait pas de distinction dans la répartition des revenus ».
Dans la présentation de son débat, le Docteur Bourgeon conclut : « Le bien-être comporte d’autres dimensions que la composante monétaire. Cette composante reste importante. Néanmoins, si l’on veut obtenir une mesure plus complète du bien-être, il faut associer au PIB d’autres indicateurs ».
Pour aller dans ce sens, le président d’AID a cité l’exemple du Bhoutan, ce pays de 47.000 km carrés et de 700.000 habitants situé dans l’Himalaya entre la Chine et l’Inde, qui a décidé d’en finir avec « la dictature du Produit Intérieur Brut (PIB) et de la croissance économique à tout prix, en proposant un nouvel indicateur de richesse : le Bonheur National Brut (BNB) ». « Lancé en 1972, ce « nouveau paradigme » s’appuie sur quatre piliers : la protection de l’environnement, la conservation et la promotion de la culture bhoutanaise, la bonne gouvernance et le développement économique responsable et durable ».
Personne ne dit que le Bhoutan est un paradis à imiter dans le monde entier, mais il peut au moins nous conduire à nous poser la question suivante, si nous réfléchissons à la fois en tant que citoyens du monde et en tant que Réunionnais : ne pourrions-nous pas inventer nous-mêmes un « Bonheur National Brut » pour La Réunion et donner un contenu réunionnais spécifique à ce concept ? Au moment où la priorité des priorités pour le peuple réunionnais est de se rassembler autour de l’élaboration puis de la réalisation d’un projet commun en faveur d’un développement durable, solidaire et responsable de son pays, kosa nou fé ? Quelle est notre préoccupation quotidienne ?
Heureusement, comme on le sait, nos compatriotes sont de plus en plus nombreux à se consacrer déjà à cette tâche et nous voudrions citer un seul exemple parmi bien d’autres à ce sujet. Il s’agit de ces agriculteurs qui cultivent des plantes pour préserver et valoriser la bio-diversité de La Réunion, comme cela se fait à Saint-Philippe dans le Jardin des Parfums et des Épices. Un exemple à suivre dans tous les domaines…
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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