Alon filozofé

Priorité à « la solidarité active »

Billet philosophique

Roger Orlu / 29 novembre 2019

Si nous voulons réfléchir ensemble aux problèmes de notre société pour les analyser et trouver des solutions communes, il est bon d’échanger au maximum afin de trouver un accord en évitant les polémiques et le sectarisme. C’est peut-être un moyen de faire avancer ‘’l’amour de la sagesse’’ (la philosophie) dans notre pays et de faire reculer la kouyonis…

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Loïc Damey.

Pour aller dans ce sens, lors de ses 3 conférences organisées la semaine dernière par l’association réunionnaise les Amis de l’Université, présidée par Yves Bosquet, le philosophe et essayiste français Michel Onfray nous a fait part notamment de « la nécessité d’en finir avec le colonialisme et de respecter la souveraineté des peuples ». Il a plaidé aussi pour « l’abolition du jacobinisme, où le pouvoir vient d’ailleurs », et donc pour « des parlements régionaux face à un État maastrichien ». Et lors de sa conférence à l’Université du Moufia sur ‘’la politique, une philosophie du nihilisme’’, il a conclu : « Nous sommes dans un système gouvernemental planétaire qui ne veut pas des citoyens responsables mais consommateurs ».

« Une vie communautaire universelle »

Afin de remettre en cause ce système injuste, nous pouvons citer les engagements admirables de Loïc Damey, à la fois président de l’association Réunion Bénévolat (https://www.reunionbenevolat.re) et co-président du Mouvement Français pour un Revenu de Base, qui a participé en août dernier à Hyderabad en Inde au 19e congrès universel du revenu de base. À cette occasion, il a fait avec ses amis du congrès une visite à Auroville, près de Pondichéry dans le Tamil Nadu, dont il a présenté vendredi dernier au caf ‘éco d’AID (Association Initiatives Dionysiennes) les valeurs fondamentales cultivées depuis la fondation de cette ‘’cité universelle’’ il y a 51 ans par Mirra Alfassa, plus connue sous le nom de la Mère et compagne spirituelle du philosophe indien Sri Aurobindo.
Pour la fondatrice de cette collectivité, Auroville doit être « le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités ». Et Loïc Damey a expliqué qu’après la mise en place à Auroville d’un « système de maintenance universel », la comparaison avec le revenu de base universel « est riche d’enseignement, tant au niveau du financement du système que au niveau de l’état d’esprit, de la contribution de chacun ».

« Une large union »

Cela nous fait penser au courrier publié le 8 novembre dernier par Julie Pontalba, une enseignante, responsable du Parti Communiste Réunionnais et présidente du Mouvement Réunionnais pour la Paix, qui a attiré l’attention à propos des prochaines élections municipales sur « l’urgence de traiter la pauvreté multiforme » à La Réunion et de mettre en cause « la source du mal : une politique de mal-développement ». Elle a aussi rappelé que les Objectifs du Millénaire pour le Développement Durable (OMDD) signés par tous les États en 2015 « ont fixé comme priorité numéro un : l’éradication de l’extrême pauvreté avant 2030. Il reste donc 10 ans. Un sursaut démocratique et collectif est nécessaire ». D’où la belle conclusion de Julie Pontalba : « Utilisons le mandat municipal 2020-2026 pour abréger la souffrance de nos compatriotes victimes de la pauvreté ; il s’agit avant tout d’une volonté politique. Toutes les personnes de bonne volonté peuvent s’unir afin de mener cette lutte courageuse pour la dignité humaine. Au-delà de toutes sortes de considérations, il y a réellement la nécessité d’une large union pour mettre des compétences au service de la population la plus nécessiteuse, avec comme objectif principal la solidarité active ».

Roger Orlu