Alon filozofé

Qu’est-ce qu’être responsable ?

Billet philosophique

Roger Orlu / 24 février 2017

Au moment où des démocrates réunionnais se battent pour que l’élection présidentielle de 2017 ouvre la porte à une nouvelle ère de notre Histoire, celle de la responsabilité de notre peuple avec des pouvoirs de décision pour tout ce qui nous concerne, que pensent les philosophes de ce concept ? Autrement dit, allons réfléchir ensemble à la question : qu’est-ce qu’être responsable ?

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Le 9e Congrès du PCR pour la responsabilité.

Nous commencerons par citer Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944), écrivain et aviateur français, auteur du ‘’Petit Prince’’, engagé dans les Forces françaises libres en Algérie pendant la Seconde guerre mondiale, pour qui, « être homme, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi ». Il ajoute dans cet extrait de ‘’Terre des Hommes’’ (1939), où il fait l’éloge de la noblesse de l’humanisme, qu’être responsable « c’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde ».


Autres citations à ce sujet : « La responsabilité est la solidarité de la personne humaine avec ses actes » (Maurice Blondel). « La victoire appartient aux natures avides de responsabilité » (Ferdinand Foch). « L’anarchie est partout quand la responsabilité n’est nulle part » (Gustave Le Bon).

‘’Le Principe responsabilité’’

Dans le livre ‘’La Philosophie pour les nuls’’, publié en 2007 par Christian Godin, un seul philosophe est cité au sujet du concept ‘’responsabilité’’ : il s’agit de Hans Jonas, un Juif allemand qui a quitté son pays à l’arrivée de Hitler pour s’engager contre le nazisme et qui est qualifié de « premier philosophe de l’écologie ». Selon l’auteur de cet ouvrage, « la grande œuvre de Jonas, ‘’Le Principe responsabilité’’, constitue la première tentative philosophique d’envergure pour penser la situation actuelle de l’homme, marquée par une inédite vulnérabilité ».

Pour ce chercheur, « la puissance technique désormais acquise par l’homme met celui-ci en mesure de bouleverser toutes les conditions qui jusqu’à une date récente étaient encore considérées comme éternelles ». Et selon lui, « c’est Hans Jonas qui a le premier théorisé le principe de précaution : devant une menace globale, qui risquerait d’anéantir le cadre de vie ou la nature présente de l’homme, il est nécessaire de s’abstenir de faire ce qu’il serait techniquement possible de faire ».

Être communiste réunionnais

Parmi les leçons à tirer de ces réflexions pour renforcer les combats évoqués plus haut en faveur de la responsabilité, on peut en citer deux : tout d’abord, ne pas oublier qu’être responsable de son destin, de sa société, de sa vie quotidienne est un droit fondamental de chaque peuple et de chaque citoyen afin qu’ils ne soient pas soumis aux classes dominantes. Ensuite, savoir qu’outre un droit à faire respecter, la responsabilité est aussi une tâche à mettre en œuvre, un devoir à appliquer, un engagement à réaliser.

Cela signifie que pour faire respecter et conquérir la responsabilité de la gestion de son pays, le peuple réunionnais doit être conscient des responsabilités personnelles et collectives qu’il doit assumer, à la fois en s’y préparant par sa formation et en s’engageant dans ce combat durant toute sa vie pour le bien commun. Voilà ce que signifie être communiste réunionnais, comme nous l’a montré Paul Vergès…

Roger Orlu