Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Billet philosophique
8 avril 2016, par

Jamais on ne tirera assez l’attention de nos compatriotes réunionnais sur l’importance de la décision qui sera prise pour leur avenir par les parlementaires français à Paris dans quelques mois. Les dirigeants de l’État envisagent en effet de faire voter cette année un « projet de loi d’orientation relative à l’égalité réelle outre-mer », qui serait appliquée dans les 25 ans à venir. Mais pourquoi les classes dominantes au pouvoir ne font-elles quasiment rien pour nous faire prendre conscience des carences de ce projet et pourquoi cultivent-elles l’indifférence à ce sujet ?
Dans les 35 recommandations du rapport Lurel déclinées le 15 mars dernier en 23 axes et 75 propositions avec les 13 articles du projet de loi pour l’égalité réelle outre-mer, on constate que ce texte ne répond en rien aux graves problèmes économiques, sociaux, environnementaux, culturels et institutionnels auxquels le peuple réunionnais sera confronté d’ici 2040 et dans les décennies suivantes. Pire encore : il ne remet pas en cause le système néo-colonial mis en place depuis 70 ans, après l’abolition officielle du statut de colonie de La Réunion par la loi du 19 mars 1946.
Des militants réunionnais de la société civile ont évoqué récemment ces problèmes, comme par exemple Reynolds Michel, président de l’association E.P.I. (Espace pour Promouvoir l’Interculturel), qui a publié une tribune libre où il plaide notamment pour « l’urgence de changer radicalement de modèle ». Et il pose cette question importante : « Est-ce qu’une vision partagée d’un autre modèle de développement pour La Réunion est possible ? ».
« Les Ultramarins,… des naïfs ? »
Nous pouvons citer également l’universitaire, juriste et politologue André Oraison, qui pose la question sur le rapport de Victorin Lurel : « le député socialiste de la Guadeloupe prend-il les Ultramarins pour des naïfs ? ». En effet, dit-il, « on peut douter que ce document puisse changer de manière radicale, au cours des 25 prochaines années, la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les DOM ».
Cela va dans le même sens que les prises de positions publiques exprimées à ce sujet depuis plusieurs semaines par l’élu et militant communiste réunionnais Paul Vergès pour attirer l’attention des citoyen-ne-s et élu-e-s du pays sur l’importance de se mobiliser ensemble face aux carences et effets néfastes de ce projet de loi. Et ce mardi 5 avril, il a une fois de plus lancé cet appel à « l’union des Réunionnais pour créer les conditions d’une solution équitable » car « il est juste temps de se réunir pour éviter la catastrophe ».
Oui à la résistance
Chez les détenteurs de pouvoirs, qui assume ses responsabilités en étudiant ce dossier, en prenant conscience de ses dangers et en faisant des propositions ? C’est le règne de l’indifférence, que dénonce le chanteur français Gilbert Bécaud dans une célèbre chanson, dont voici le refrain : « Les mauvais coups, les lâchetés - Quelle importance - Laisse-moi te dire - Laisse-moi te dire et te redire ce que tu sais - Ce qui détruit le monde c’est : l’indifférence ».
Et voici sa dernière strophe : « L’indifférence - Avant qu’on en soit tous crevés d’indifférence - Je voudrais la voir crucifiée l’indifférence - Qu’elle serait belle écartelée l’indifférence ». Face aux menaces qui pèsent sur les Réunionnais dans les années à venir, surtout sur les plus pauvres, disons donc stop à l’indifférence sur la loi d’égalité réelle et oui à la résistance !
Roger Orlu
Nos peines
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Messages
10 avril 2016, 17:44, par Tagne
le peuple est maître de son destin à la seule condition qu’il soit conscient et prenne des mesures indispensables. S’il a faim, ce sera un peu difficile car on ne fait pas une bonne négociation quand on a faim.
En souvenir de Sankara, "l’esclave, qui n’est pas capable d’assumer sa révolte, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur, s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère."