Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
16 juillet 2009

Le 2 juillet dernier, j’ai reçu une invitation (l’objet du mail : invitation personnelle) avec un joli carton à imprimer, sur lequel était noté : "Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint le carton d’invitation relatif à la réunion des États-Généraux de l’Outre-Mer qui se tiendra en présence de Monsieur François Fillon, Premier Ministre".
On me demandait d’imprimer le carton, de me présenter avec une pièce d’identité et de confirmer ma présence. Tout cela m’a pris un peu de temps, puis j’ai du poser une demi journée de congés, déranger mes collègues, et faire 180 km aller/retour pour me rendre au Tampon.
Quand je reçois quelqu’un dehors, c’est soit que j’ai un joli jardin pour m’installer avec lui, soit que nous n’avons pas grand-chose à partager, auquel cas il reste dehors, et moi dedans ! J’ai été invitée, comme nombre des personnes destinataires de ce même mail, à regarder Monsieur Fillon sur des écrans de télévision, placés sous des chapiteaux, à l’extérieur de la pièce où se déroulait la réunion avec Monsieur le Premier Ministre, et j’ai trouvé honteux que l’on me demande de me déplacer pour regarder la télévision.
Mais ce n’est pas tout, l’Atelier "Égalité des chances", auquel j’ai participé, à été complètement zappé (ce n’est pas moi qui ai changé de chaîne, je n’avais pas la télécommande !), la synthèse de notre Atelier s’est transformée en un point sur l’Université. C’était fort intéressant, mais hors sujet.
Dans les synthèses, je n’ai pas entendu parler de sport, ni de lien social, ni de précarité, ni de santé, bref, ni d’égalité des chances, bref rien de ce que nous avions pu aborder. Le seul moment où il a été question des personnes en situation d’illettrisme et des chômeurs, c’était pour les additionner à des containers, cela en dit long sur l’image qu’ont les dirigeants de ces États-Généraux, des plus démunis. La brochette "table ronde" était identique à elle-même, que des hommes avec un petit "h", c’est-à-dire aucune femme. Alors Messieurs, si l’avenir de l’Ile de La Réunion est une affaire d’hommes, de marchés, de rentabilité, de "CAC 40 peï", "de "G8 local", dites le simplement, il n’est peut-être pas besoin de toute cette mise en scène, qui plus est forte onéreuse.
Françoise Huot-Jeanmaire
Nos peines
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