Fonction publique : mobilisations à Saint-Denis devant la préfecture et à Saint-Pierre
30 septembre, parSalaires, emplois, moyens et défense des services publics : la mobilisation a réuni ce mardi 29 septembre des agents de la fonction publique (…)
3 juin 2009

A La Réunion, on avance souvent le pourcentage de 52% de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Cette donnée est à relativiser.
Deux critères mesurent « la pauvreté ».
Le premier, dit « seuil de pauvreté monétaire relative », prend en compte uniquement les revenus des personnes considérées et les mesure par rapport à une situation jugée comme normale. Ce seuil est défini comme une fraction du niveau médian et il équivaut, le plus souvent, à 60% de cette médiane.
Comme dans toutes les régions, on peut évaluer le niveau de pauvreté de La Réunion de deux manières. Soit en se référant au seuil « national », soit sur la base du seuil « régional ». En 2006, 52% des personnes vivant à La Réunion avaient un niveau de vie inférieur au seuil national qui était de 880 euros. Par contre, elles étaient 17% à vivre en dessous du seuil réunionnais qui était de 473 euros. Le premier chiffre mesure l’écart entre La Réunion et la Métropole. Le second indique la part des faibles revenus à La Réunion sur la base des caractéristiques propres à l’île.
Le second critère de pauvreté est celui dit de la « pauvreté en conditions de vie » ou encore « pauvreté d’existence ». Il mesure le niveau de vie.
Pour évaluer cette pauvreté, on utilise plusieurs indicateurs : le niveau des ressources et leur capacité à couvrir les dépenses du ménage ; le confort du logement ainsi que certains éléments participant au bien-être du ménage.
Quinze indicateurs ont été retenus à La Réunion contre les 27 généralement utilisés. Ce sont : le taux de couverture des dépenses par le revenu ; le niveau de l’épargne disponible ; les économies réalisées par la famille ; la situation financière ; la part de remboursement de prêts sur le revenu ; le nombre de personnes vivant dans le logement ; la possession ou pas d’une voiture ; la possibilité d’utiliser de l’eau chaude ; la jouissance d’un lave-linge ; la présence d’un WC intérieur ; l’usage d’un téléviseur ; la présence d’un téléphone ; l’existence d’une salle de bain intérieure ; la disposition d’un réfrigérateur et part des dépenses alimentaires par rapport aux revenus.
En 2006, les personnes connaissant les difficultés les plus fortes (soit au moins 5 des critères définis plus haut) représentaient 14% de la population. Autre fait significatif : ce pourcentage a diminué de 5 points entre 2001 et 2006, une évolution soulignant une amélioration générale des conditions de vie. Mais ces dernières sont restées largement en dessous du niveau métropolitain.
Seulement 6% de la population réunionnaise cumule les deux situations : pauvreté monétaire et pauvreté en conditions de vie.
La population réunionnaise connaît de réelles et d’énormes difficultés. Elle n’est cependant pas marquée par ce qui caractérise le plus la misère dans les pays en développement, où la pauvreté s’évalue différemment : la malnutrition sinon la famine, l’absence de soins, les difficultés à la mobilité.
Manuel Socratès
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