Di sak na pou di

8 Mars, journée de lutte pour la reconnaissance des droits des femmes !

Courrier des lecteurs de Témoignages / 28 février 2020

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Pourquoi encore ce 8 mars ? Parce que si, juridiquement, beaucoup a été fait, dans la réalité, les choses n’avancent pas aussi bien.
Période d’instabilité et de précarité oblige, les femmes sont toujours les premières victimes de ces crises de la société.

A travail égal, en France, nous sommes encore à plus de 22 % d’écarts dans les salaires, tous secteurs confondus avec de profondes disparités ; au niveau des retraites, nous sommes à 40 % de moins pour les femmes que pour les hommes.
Moins bien déclarées, souvent condamnées aux doubles voir triples journées (enfants, soins domestiques, associations, ascendants, travail…), victimes de la monoparentalité dans 80 %des cas, elles sont celles qui s’occupent des enfants ou des parents en cas de maladie ou de handicap, souvent jugées et vilipendées si l’éducation se passe mal, comme si elles avaient fait ces enfants seules…

Les plus faibles revenus se trouvent chez les ménages monoparentaux, la propriété leur est inaccessible, et au final, la majeure partie de la richesse est détenue par les hommes, même seuls. Au sein du travail, outre les inégalités de salaires, elles sont souvent cantonnées aux temps partiels et aux remarques sexistes encore courantes, surtout dans certaines professions.

Au sein d’un couple, il est exceptionnel encore de voir un mari suivre son épouse à l’autre bout du pays pour favoriser la carrière de sa femme, et exceptionnel de voir un homme prendre un congé parental ou un temps partiel sur de longues années parfois, alors que l’épouse travaille à temps plein. Du coup leurs carrières s’en ressentent, et à études égales, elles se retrouvent avec des métiers moins intéressants intellectuellement et financièrement.

Dans ces temps de remise en cause de notre système social protecteur, de casse des services publics, elles sont les plus atteintes par ces politiques (planning familial menacé, aides diverses en diminution, associations d’aides ou d’assistance fermées, centres IVG fermés, modes de garde plus contraignants…) et seront les premières touchées par la réforme des retraites.

Contrairement à ce qui se dit, elles seront fortement perdantes, car beaucoup ne peuvent avoir de carrières complètes en raison des interruptions de travail, du temps partiel, des obstacles rencontrés par la famille qu’elles assument majoritairement seules.

Et n’oublions jamais que dans ce pays, terre des droits de l’homme (au sens générique du terme), une femme meurt sous les coups de son compagnon tous les 2 jours, et un viol se produit toutes les 40 minutes…

Il reste beaucoup à faire et les femmes le savent. Leur vie est une lutte de chaque instant, mais leur courage est immense. Tout ce qu’elles ont obtenu en moins de 100 ans est le fruit de plusieurs générations de combat, de siècles d’obscurantisme, de dénégation de leurs droits les plus fondamentaux. Ailleurs, dans d’autres lieux, les batailles sont encore plus longues et coûteuses en vies humaines et en humiliations, mais ce combat nous le gagnerons, pour nos mères, nos sœurs et nos filles…
Au sein de Solidaires Finances Publiques, beaucoup de femmes et de militantes pleinement investies, mais également d’hommes à nos côtés engagés depuis toujours dans ce long mais juste combat de société ! Le 8 Mars, engageons nous tous !

Solidaires Finances publiques