À propos du zournal Percale

9 janvier 2007

Grâce au flair de l’ethnomusicologue Jean-Pierre La Selve, qui nous a ramené les contes de Pa Sarles (créole de Tamatave qui, à vingt ans, portait une barbe noire), nous avons pu élucider le sens du “Zournal Percale”.
En règle générale, un journal est blanc et son écriture noire. Il existait d’antan à La Réunion “Brile guèle” qui était un journal polémique édité en “missouque” et cassait du sucre sur le dos des gros blancs, d’où son intérêt. Mais ce journal “maron” n’était pas noir et blanc étant donné qu’il était imprimé d’une façon artisanale ; un jour il sortait bleu et un autre jour d’une couleur délavée.
Aussi, les gros blancs pour se moquer de “Brile guèle” appelèrent ce quotidien “Zournal Percale”.
Pourquoi cela ?
En effet, à l’époque les malheureux qui n’étaient pas capables d’acheter du linge ou les costumes des bourgeois allaient dans les boutiques “z’arabes” ; ils y trouvaient des pièces percales (un tissu de “faille” qualité). Et avec une pièce de percale, les gens humbles faisaient leurs culottes, leurs paletots et bien d’autres vêtements, mais quand ils essayaient de laver et faire bouillir leur linge, celui-ci devenait noir grisonnant et changeait de couleur. D’où cette dénomination pour le journal.
Quant à grand-mère Kalle... contrairement à ce que certains disent, elle n’y est pour rien dans le “Zournal Percale”...
Alors... RFO ? Garde à vue ! Fixe.

Christian Vittori


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