L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
16 décembre 2006

A l’approche de l’élection présidentielle, on nous présente le premier tour du scrutin comme un choix entre le cœur (voter selon nos convictions profondes pour un candidat anti-libéral) et la raison (éviter de rééditer le scénario catastrophe de 2002, voter utile...). Sous cette forme, la réponse semble déjà inscrite dans l’énoncé même de l’alternative. Au nom de la raison, il faut savoir faire taire les élans du cœur. La responsabilité collective dictant de barrer la route à l’Extrême droite impliquerait de voter Ségolène Royal dès le premier tour. Certes, mieux vaut Royal que Sarkozy. Leurs positions sur l’éducation (plan d’autofinancement “à l’anglaise” pour les universités prôné par l’UMP), sur la santé (baisses des couvertures sociales), sur la fiscalité et les salaires (augmentations accordées avec plus de prodigalité aux médecins qu’aux smicards par les sarkozistes) ne laissent pas de place au doute.
Mais la question du premier tour n’est pas là. La question est de savoir si le processus d’alerte face au risque d’une répétition de 2002 signale un danger bien réel ou une éventualité des plus improbables. Le tout premier sondage en vue de la présidentielle 2007 (Sarkozy 35%, Royal 31%, Le Pen 12%, Bayrou 10%...) montre que la configuration de l’échiquier politique est fort différente de celle de 2002. Au mieux de sa popularité, L. Jospin, longtemps très apprécié, ne dépassait paradoxalement pas les 24-25% d’intention de vote au premier tour. Dans les mois précédant l’élection, ses scores s’étaient régulièrement effrités alors que durant les dernières semaines, ceux de Le Pen étaient montés à 13-14%. De plus, J-P. Chevènement avait maintenu sa candidature (et obtenu plus de 5% des suffrages) alors qu’il s’est, cette fois, désisté au profit de la candidate socialiste.
Après coup, les analystes politiques s’en étaient pris à la faute d’estimation des sondages qui avait permis au tribun de la haine d’être présent au second tour des élections. L’erreur (de 3 points) était venue en particulier de la sous-estimation des scores du leader du FN chez les jeunes électeurs et électrices. Tout en sachant aujourd’hui qu’une telle erreur peut se renouveler, l’étendue de l’avance dont dispose le tandem “Sarko-Ségo” ne nous interdit pas de voter lucidement et de manière responsable pour un candidat antilibéral. Il ne s’agit pas de voter à gauche au premier tour en pensant “advienne que pourra au second !”. Mais l’écart actuel entre les candidats permet la réconciliation du cœur et de la raison en choisissant au premier tour le (la) candidat(e) réellement la plus contre-offensive face aux assauts de l’ultra-libéralisme. Sur ce point, il y a autant de distance entre les propositions de Marie-George Buffet et de Ségolène Royal qu’entre celles de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkosy. Parce que tout électeur à besoin d’admirer un tant soi peu “son” ou “sa” candidat(e) pour croire en la politique : Marie-George, nous voilà !
Pascal Duret
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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