Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
20 juin 2008

Il y a 3 semaines de cela, lors d’une ballade en forêt au Brûlé, j’ai égaré mon chien Titus un "Royal bourbon".
Il portait un harnais avec au cou, mon nom et mon téléphone.
Plusieurs fois, je suis remontée au Brûlé afin de le chercher en vain.
Vendredi 13 juin 2008, un reportage est diffusé sur une télé locale à laquelle je n’ai pas assisté, mais ma fille a reconnu notre chien sur les images.
De suite, je téléphone donc à la SPA à qui je fais une description de mon animal, blanc avec une tache noire sur la croupe et la tête marron, facile à reconnaître selon moi, à cause de son oreille gauche atrophiée.
Une dame me recommande de passer pour voir car la description ne lui disait rien.
A 13 h 30, nous voilà, ma fille et moi à la SPA qui jouxte la fourrière.
On ne voit pas Titus parmi les chiens présents ; je demande s’il n’y a pas d’autres chiens dans les cages que j’apercevais au fond mais
sombres. La même dame que l’on a eu au téléphone nous répond que oui. Je lui montre 2 photos de Titus sur mon portable. Non, elle ne le reconnaît pas ! Lorsque j’explique où on l’a égaré, un homme de la fourrière reste évasif... Au Brûlé ? L’espoir renaît dans nos coeurs, cela semble lui dire quelque chose ; il va interroger un autre homme qui ne viendra pas nous parler, lui. Nous avons eu la sensation qu’ils nous cachaient quelque- chose. Nous rentrons déçues à la maison et déprimées.
Le soir, toute la famille regarde la TV et elle est formelle : c’est bien Titus, notre chien que l’on voit tout triste, parmi tous les chiens.
Le lendemain matin, ma fille et son ami retournent à la SPA. A force d’insister, on finit par lui montrer un registre : Oui, une dame se rappelle de l’oreille atrophiée, un vieux chien pas facile ramassé au Brûlé. Elle a dû lui faire une piqûre car il embêtait les autres chiens et notre chien, notre Titus, notre amour, notre bébé a été euthanasié à 15h30 le vendredi 13 juin alors qu’on était passé ce même vendredi à 13h30.
Après la colère, l’incompréhension, aujourd’hui ce sont les larmes et ma fille et moi sommes sous antidépresseurs.
Titus, on l’avait recueilli quand il avait 5 ans et cela faisait 14 ans qu’il était dans notre famille. Il y était entré à un moment où tout n’allait pas bien dans nos coeurs et y a apporté une chaleur.
Oui, Madame de la SPA, c’était peut-être un vieux chien pas facile, mais demandez-vous si vous n’auriez pas été désespérée de sentir la mort
venir.
Nous t’aimions Titus, tu as su nous protéger. Nous, nous n’avons pas su te protéger... nous te demandons pardon, ma brave bête, mon bon chien, mon bébé d’amour.
R. Laravine - Ste Clotilde
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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