Di sak na pou di

Actualité de la philosophie (2) : le stoicisme, Marc-Aurele

Radjah Veloupoulé / 27 juillet 2021

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Marc-Aurèle (121-180 ap. JC) était un philosophe stoïcien, et devint empereur de Rome pendant les vingt dernières années de sa vie. C’est pendant cette période qu’il rédige son journal intime intitulé « Pensées pour moi-même », devenu un des chef-d’œuvre de la pensée stoïcienne. Comment atteindre le bonheur ? Cela passe par la sérénité, l’impassibilité, l’absence de troubles face aux évènements tristes ou angoissants de la vie.

« Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux changer et la sagesse de distinguer les premières des secondes ». Contrairement à ce que pense l’opinion commune, voilà un philosophe qui croit en Dieu, mais qui ne se plie pas à la fatalité et décide de faire preuve de discrimination, entre ce qu’il peut changer et ce qui n’est pas en son pouvoir de le faire. De ce fait, aucune vanité pour modifier le caractère inéluctable des évènements, inutilité des combats perdus d’avance, et surtout un certain détachement pour trouver « la sérénité », nécessaire à l’ataraxie, la tranquillité de l’âme. Il faut se détacher du flux des affaires quotidiennes dans lequel nous sommes pris, ces mille activités qui nous angoissent et qui n’ont finalement pas beaucoup de sens.

« Cesse de te laisser emporter par le tourbillon », « Insensés, en effet, sont ceux qui à force d’agir, sont fatigués par la vie, et n’ont pas un but où diriger tout leur élan ». Se détacher donc de l’agitation, mais ne pas se soustraire du monde. Il importe de contempler le monde, de l’aimer, car il s’agit du grand Tout harmonieux, et le sage est celui qui reste stoïque, car tout a une raison, il importe de comprendre plutôt que de juger. Même la mort, suprême angoisse pour beaucoup, doit être pensée, car il est dans notre nature de mourir : « Tu t’es embarqué, tu as navigué, tu as accosté : débarque ! ». Plus rien n’est grave, quand on s’affranchit de la peur de la mort.

En ce temps de pandémie, lisons Marc-Aurèle, et trouvons le bonheur de l’ataraxie.

Radjah Veloupoulé