Africa !

9 novembre 2007

« Afrique, aimante qui me tend de la randonnée
Je dirai par delà de l’océan, le sifflement des lances,
Surprise pour les lions et vous, éléphants barrissants
Je ne puis en cette heure oublier votre appel,
Ni les visages d’ombre dans le ciel qui fleurit
Le sang aux ongles des chasseurs, les pagnes autour des reins
Le reflet des cauris, les lourds colliers de cuivre,
Or brut sur les nuques où le soleil fait des signes
Et des sigles comme le vol orgueilleux des grands aigles royaux... »

Ainsi écrivait Jean Albany dans ses premiers poèmes “Amour, oiseau fou” que nous avions eu le plaisir d’éditer en 1984. Toujours dans le thème du “continent mère”, un festival de cinéma fort intéressant (une bonne initiative avec des présentations d’œuvres de qualité) a eu lieu dernièrement au Port sur le thème de l’Afrique et des îles. L’initiateur de ce festival, Alain Gili, se présente comme un humaniste protestataire et a déclaré sur les ondes télévisées qu’il avait été le seul à prononcer ce mot qui dérangerait certains... Afrique...
Nous ne voudrions pas l’offenser, mais notre ami du Port fait fausse route. Bien plus modestement, nous avions organisé l’année dernière à la médiathèque de Saint-Denis “La semaine du cinéma africain” dans la présentation du cycle des films du remarquable réalisateur Jean Rouch. Compte tenu du succès obtenu, l’opération a été rééditée. La semaine du cinéma africain et du Sahara se déroulera du 13 au 17 novembre 2007 avec en première deux films inédits “Je m’évade au Sénégal”, un petit métrage récréatif de 18 minutes et une première mondiale avec la présentation du dernier film de Michel Boccara “Mali et le pays Dogon, un peuple en marche vers le XXIe siècle”.
Notre ami Michel a reçu un accueil exceptionnel chez les Dogons, un des peuples mythiques de l’Afrique de l’ouest, qui lui a interprété, grâce à son amitié avec Jean Rouch, des danses rituelles qui n’avaient jamais été filmées par un occidental, mais son film est avant tout une éloge à une grande réalité qui porte un grand nom... le Mali.
À cela, les œuvres des autres grands réalisateurs africains seront présentées...
La protestation dans la protestation permet donc de confronter les idées et les œuvres d’un continent qui est aimé par ceux qui l’ont ou qui le pratiquent... ainsi va la vie et les images oniriques qui y défilent pour que la liberté soit au final au rendez-vous de l’histoire.

Christian Vittori


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