Afrique du sud / Réunion : Destins croisés

3 mai 2007

L’Afrique du Sud est en train de mettre en place toutes les conditions pour un décollage réussi de son économie. Dans ses choix stratégiques et économiques, le pays semble parler d’une seule voix.
Pour arriver à ce résultat, cela n’a pas été facile. Il a fallut reconstruire le pays, et surtout opérer une véritable réconciliation nationale. Comment ont-ils fait pour mettre à la même table des ennemis séculaires ? Tout simplement, en faisant preuve de bon sens.
Toutefois, les structures du pays montrent bien que l’héritage de l’apartheid est encore très présent. La configuration idéologique du pays est encore à la démarcation noir/blanc. Pourtant, tout avance très vite.
Le pays est la puissance régionale, une des plus grandes puissances du continent (comme en témoigne l’attribution de la coupe du Monde 2010), et une puissance émergente au niveau mondial. Mais, pour cela, il a fallu changer, et continuer tous les jours de le faire, les mentalités des uns et des autres. Il a fallu que la grande majorité noire sorte de son statut d’exploitée, puis d’assimilée, pour enfin devenir une entité à part entiére de la nation Sud Africaine. La conscience du peuple a pris la place de cette conscience de dominé-dominant, exploité-exploitant.
Grâce à cela, l’Afrique du Sud est enfin sorti de ce colonialisme historique. Et exceptionnel dans sa structure car ce sont les propres habitants qui colonisent d’autres compatriotes. Le poids historique de l’apartheid est, malgré tout, encore très lourd pour les frêles épaules de ces combattants de la liberté.
Les pesanteurs psychologiques pèsent aussi sur La Réunion ; Pendant plus de trois siècles, nous avons été une colonie. On n’avait pas de responsabilité. L’Etat faisait tout et se chargeait de développer le pays.
Là-dessus est venu se greffer l’esclavage, et cette sensation tenace que l’on est bien peu de chose, et que nous ne valons pas mieux qu’une tête de bétail. Serait ce inscrit dans gênes ? En tout cas, soixante ans après la départementalisation, la Réunion est une région sinistrée, assistée, qui va vers l’assimilation. Elle ne valorise pas ses atouts, et ne se prend pas en main.
Comment se fait il que tous les fonctionnaires de haut niveau soient tous des gens de l’extérieur ? Comment se fait il que quatre vingt pour cent, au moins du personnel encadrant, c’est-à-dire des cadres de haut niveau des entreprises réunionnaises soient des extérieurs ?
La grande réponse des politiques à ce problème est la mobilité. Mais, comment accepter que pour un jeune qui s’en va, trois ou quatre extérieurs viennent à La Réunion ? (...)

Bertrand Reshad Bertil


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Témoignages - 82e année


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