Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
4 juin 2008

La baisse du pouvoir d’achat est une des causes essentielles, sinon la cause essentielle du mal-être des Français. Le Président Sarkozy, pourtant « le candidat du pouvoir d’achat » ne fait rien pour améliorer les choses. Au contraire, son équipe fait tout pour accentuer encore un peu plus cette chute de notre pouvoir d’achat.
Bien sûr, on nous rétorque que la France est tributaire de la conjoncture internationale, et de la hausse des cours. Sauf en ce qui concerne le pétrole, car l’essentiel du prix est fixé par les taxes perçues par l’Etat. Ce qui revient à dire que si le Président Sarkozy tenait les promesses du candidat Sarkozy, il pourrait tout de suite baisser la pression sur les ménages français en baissant les taxes sur les produits pétroliers, la fameuse TIPP.
Mais, le gouvernement préfère libéraliser encore un peu plus le petit monde des hyper et supermarchés. Si cela est vraiment fait dans l’optique d’amener la concurrence et donc des baisses de prix, soit. Mais le problème, dans le système français, n’est vraiment pas là.
A part condamner les petits commerçants, ce projet de loi n’agit pas sur la seule véritable entité capable de faire baisser les prix : les centrales d’achat.
Toutes les grandes surfaces sont affiliées à des centrales d’achat. Cela permet d’avoir les produits les plus intéressants dans un laps de temps plus court. En effet, cela évite les voyages des responsables des supermarchés, et permet d’aller beaucoup plus vite dans les transactions. De plus, les concentrations des grandes enseignes permettent de faire des économies d’échelle.
Mais le problème, c’est qu’en France, il n’existe pas beaucoup de centrales d’achat. Et comme, bien souvent, elles se mettent d’accord pour ne pas dépasser un certain prix, les grandes surfaces ne peuvent alors que reprendre ces prix dans leurs allées. C’est cette dictature des centrales d’achat qu’il faut casser si on veut vraiment redonner du pouvoir d’achat aux Français.
Il ne s’agit pas, comme nos lumières du gouvernement veulent nous faire croire, de libérer ce marché à la concurrence, mais bien de structurer le marché des centrales d’achat. Pour être plus clair, il suffit de savoir qu’on peut très bien arriver à une situation où il peut y avoir cinq supermarchés dans une commune. Si elles sont affiliées à des centrales d’achat différentes, alors il y aura des prix différents, mais on peut aussi voir les cinq s’approvisionner à la même enseigne, et alors le prix sera partout le même. Et là, on tombe dans tout ce que cette loi de modernisation de l’économie que nous prépare le gouvernement a de plus ridicule : mettre un pansement sur un cancer, c’est-à-dire libéraliser encore un peu plus les hyper et supermarchés, et faire plaisir aux copains milliardaires du président, pour soi-disant rendre du pouvoir d’achat aux Français.
Voilà, en tous cas, une piste que je livre à la réflexion, si elle existe, de ces messieurs du gouvernement.
Bertil Bertrand Reshad
Courrier des lecteurs
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