Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
1er septembre 2025

Le sable noir de l’Étang-Salé n’est pas un obstacle, il est une mémoire.
Il raconte l’histoire volcanique de notre île, il brûle parfois sous nos pieds mais forge notre identité. Vouloir l’effacer sous une couche de sable blanc importé, c’est masquer notre vérité d’un voile artificiel, fragile et coûteux.
Car ce choix a un prix : un coût financier démesuré, pour l’acheminement comme pour l’entretien, puisque le sable blanc se mélangerait inévitablement au sable noir. C’est aussi un prix environnemental : recouvrir nos plages volcaniques, c’est menacer une biodiversité exceptionnelle, déjà si fragile. N’avons-nous rien retenu des introductions malheureuses qui ont bouleversé nos écosystèmes ?
Ce projet révèle surtout un manque de vision. Aménager de cette façon, c’est oublier que la plage et le littoral ne font qu’un, qu’ils répondent à une cohérence, à une harmonie naturelle. Et c’est aussi répéter une erreur : toutes les fois où l’on a voulu dupliquer mécaniquement ce qui se faisait ailleurs, sans tenir compte de la singularité réunionnaise, cela n’a pas fonctionné. L’exemple de l’habitat est parlant : des modèles importés, standardisés, qui se sont vite révélés inadaptés à notre climat, à notre culture, à notre mode de vie. Pourquoi recommencer avec nos plages ?
Pourtant, ailleurs sur l’île, le choix est clair : intervenir le moins possible sur le littoral et revégétaliser avec des espèces endémiques et indigènes, adaptées et pérennes.
Rappelons-le : les fédérations sportives n’interdisent pas le sable noir. Le beach-volley et le beach-soccer se jouent pieds nus, sauf conditions exceptionnelles. Si le sable noir avait réellement été un frein, ces disciplines n’auraient jamais prospéré à l’Étang-Salé. En hiver austral, quand se déroulent l’essentiel des compétitions internationales, ce sable reste parfaitement praticable.
Mieux encore : il peut devenir une signature unique, rare au monde. Là où d’autres se ressemblent, nous avons la chance d’affirmer une identité volcanique, une authenticité que beaucoup nous envieraient.
Et si vraiment ce sable ne convenait pas, la solution la plus logique aurait été de choisir un autre site, moins sensible, plutôt que de dénaturer nos plages.
À l’heure où chaque territoire cherche à concilier sport et respect de l’environnement, faisons le choix du bon sens et de la fierté : jouer sur nos sables noirs, défendre nos couleurs, et montrer que le sport peut s’ancrer dans son territoire sans le trahir.
Nos plages noires sont bien plus qu’un terrain de jeu : elles sont un drapeau vivant de La Réunion, un symbole de notre force et de notre authenticité.
Dany M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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