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Anjouan-Mayotte

28 juillet 2008

A ces appels légitimes face au drame dans notre Région commune, depuis des lustres, la France (des décideurs officiels) est aveugle. Elle est sourde et muette, mais ne manque pas de s’en émouvoir pour jouer l’humain. Vous appelez à l’abrogation du visa Balladur et vous avez raison. Mais savez-vous aussi que la circulation des produits agricoles en provenance de l’île d’Anjouan interdits à Mayotte est l’une des petites mesures qui ne devrait pas être un objet de négociation par un machin du genre Groupe de Travail de Haut Niveau. On se croirait à l’OMC, pour que le préfet sous les lobbies des fermiers,souvent métropolitains, acceptent que des produits des paysans anjouanais soient vendus à Mayotte.Les mesures, soit disant, phytosanitaires,interdisant,les produits agricoles anjouanais, ne frappent pas pour autant les produits malgaches, que je sache.

Ridicule ! Ridicule !

L’île d’Anjouan serait-elle menacée de quelle maladie tropicale pour subir le sort d’être enfermée en quarantaine (ses hommes, ses produits artisanaux et agricoles) ? .Pour le bien et l’équilibre de la région que les marchés s’ouvrent et ne soient pas cloisonnés, et que le plus travailleur gagne le fruit de son travail sans humiliation. Il n’y a pas besoin de négociation de haut lieu ou de rencontre de présidents pour faire tomber une frontière artificielle économique,ridicule et honteuse.Il y aurait la moindre possibilité d’échanger "légalement" avec le monde extérieur, via Mayotte, oui, je dis bien Mayotte (les besoins en plein boom dans cette île : force de travail, savoir faire et produits anjouanais), cela ne tuerait pas l’économie insulaire mahoraise. Mieux la tentative de prendre la mer aux risques et périls serait en chute libre. Il y resterait la question sanitaire pour les cas délicats et graves que les médecins, sur place à Anjouan par insuffisance de moyens, plus que par connaissance, Anjouan se dotant tant bien que mal des spécialistes autochtones et étrangers coopérants chinois et autres. Même cette question sanitaire, dans une moindre mesure aurait pu se faire entre hôpitaux de Mamoudzou et de HOMBO (Anjouan). Rien de tout cela. Il est à déplorer qu’un malade désespéré, cas grâve,finisse par se décider de s’embarquer dans le kwassa-kwassa. Ne trouvant aucune voie officielle pour se faire soigner à l’extérieur,situation oblige,cette décision hasardeuse, plutôt que mourir, est l’une des plus grandes à prendre.(coopération, codéveloppement... coopération, codeveloppement..., qu’ils la ferment.) Les décideurs et officiels ignorent la réalité.
Cas de ma cousine.
Ma cousine,ayant eu une tumeur au cerveau, dans une famille démunie de moyens, cas nécessitant des examens approfondis et soins spéciaux, après moultes réflexions, ses enfants n’ont-ils pas fini par l’embarquer dans le kwassa-kwassa, après tous les recours officiels nuls ? Qui peut croire une seconde que ses enfants et l’un d’eux accompagnateur a choisi de gaîté la voie du péril ? Encore que ma cousine, une fois la voie du péril traversée, sans ménagement, va se faire renvoyer avec son fils, manu-militari, d’une manière inhumaine, comme des malfrats, sans la moindre écoute pour son cas et sans jamais être vue ni par un médecin du secours ou du service de la santé de Mamoudzou, pour le moindre examen. Malade grave, mais "clandestine", alors, centre de rétention et expulsion immédiate dans les 48 h. Voilà la France généreuse. Et l’assistance à la personne en danger ? Ma cousine n’était pas partie accoucher, ni chercher à s’installer dans l"eldorado", c’était une question de vie ou de mort. Elle est repartie dans l’humiliation en plus de la maladie, chez elle à Anjouan. Non, je ne rendrai pas les décideurs responsables de son décès intervenu 4 mois après cette aventure. Car vous m’en voudrez, mais, petite question, où est votre sens de l’humanité ?
La question sanitaire est l’une qui aurait pu être au centre de la coopération dans la région. La Reunion, (donc la France)avec ses équipements si développés peut aussi jouer un rôle pour aider les pauvres comoriens (anjouanais nécessitant une évacuation sanitaire), l’île Maurice aussi dans une certaine mesure. Où est l’action du fameux COI ?
Faute de dialogue avec Mayotte (situation voulue pour accroître le déséquilibre et le chaos à Anjouan à 70 km , donc l’union des COMORES et justifier l’objectif de départementalisation de Mayotte), parions que le droit international est là, il faudra bien que les autorités comoriennes se couchent au prix d’un million d’euros pour changer définitivement l’intégrité et les frontières des Comores. Mais il faudrait aussi dans ce scénario cauchemardesque, que la France se prépare à emporter Mayotte, le territoire, pour l’accoler à la métropole, soit à l’ouest, soit au sud à la mer Méditerranée, pour échapper aux afflux des kwassa-kwassa. L’autre solution sera d’entourer Mayotte des murs et laisser un passage contrôlé comme cela est entrain de se passer du côté du sud des Etats-Unis d’Amérique avec le Mexique.
Messieurs, les négociateurs (partie comorienne) du Groupe de Travail de Haut Niveau, votre mission est d’empêcher la balkanisation de l’Union des Comores, si vous y arrivez, vous sortirez dignes. Les accords sur les échanges et la circulation des biens et des hommes, c’est insuffisant pour une commission de haut Niveau. Veillez-y et ne soyez pas dupes.

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