Lite kont la mizèr, par in vré politik dévlopman
13 zwin, sanmMézami dopi in boute tan mi parl la mizèr dann nout péi é pou kossa mi kroi pa kan v’ariv l’ané 2030 nou sar fini konbate so gran fléo i pèz dsi n (…)
12 septembre 2020, par

En pleine préparation du projet de loi contre les séparatismes, Emmanuel Macron a tenu à célébrer en grande pompe, au Panthéon, le 4 septembre dernier, le 150e anniversaire de la proclamation de la Troisième République. Tout un symbole…
Confondant unité d’un pays et uniformité culturelle, inventant une Histoire de France qui commencerait au « sacre de Reims » et encensant tour à tour l’abbé Grégoire et l’édit de Villers-Cotterêts pour avoir fait du français « l’un des ciments de notre nation », le président de République a offert un florilège de mythes « nationaux » et de fantasmes sur la langue française. Cette interprétation désuète, chauvine et exclusive, aux allures très XIXe siècle que Napoléon III n’aurait certainement pas reniée, a conduit aux drames humains que l’on connait.
Car c’est justement au nom d’une prétendue mission civilisatrice des « races inférieures », comme disait Jules Ferry, que la France avec sa « langue de la liberté » a justifié ses guerres et ses crimes coloniaux. C’est aussi au nom d’un pseudo caractère émancipateur et universel de la langue française que la France s’évertue méthodiquement depuis plusieurs siècles à tenter d’éradiquer les autres langues parlées historiquement en métropole et dans les outre-mer.
La France s’est construite depuis Paris en écrasant la diversité des peuples et des cultures qu’elle administre. Le rouleau compresseur de l’Etat-Nation n’a pas encore achevé son œuvre.
L’article 2 de la constitution était censé protéger la langue française de l’anglicisation. C’est finalement contre les langues dites régionales qu’il est brandi par les juges du Conseil d’État et du Conseil Constitutionnel.
Compte tenu de la teneur du discours d’Emmanuel Macron prononcé à l’occasion du 150e anniversaire de la proclamation de la troisième République, il est à craindre que les « régionalistes » qui défendent une conception aux antipodes de celle du Président de République (nous sommes pour la décolonisation des régions) soient des victimes collatérales de la loi contre les séparatismes en cours de rédaction.
La criminalisation du régionalisme en Espagne et l’emprisonnement des leaders démocrates catalans après l’organisation du référendum sur l’avenir de la Catalogne nous invitent à la vigilance.
Gustave Alirol, Président de Régions et Peuples Solidaires
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