Di sak na pou di

Après « Le Charles de Gaulle », le porte avion « Le Réunion »

Courrier des lecteurs de Témoignages / 24 août 2018

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Eh oui, vous ne le savez peut-être pas, un nouveau porte-avion français est aujourd’hui basé dans l’Océan Indien. Ce n’est pas moi qui le dit mais un certain Pierre Gattaz du MEDEF.

Là où l’ami Pierre se trompe c’est lorsqu’il ajoute que ce porte-avion est un symbole de la croissance de la France dans le Monde. En réalité, comme n’importe quel porte-avion, notre porte-avion « Le Réunion » est un objet militaire qui coûte très cher à l’état. La question qu’on peut donc se poser, c’est pourquoi donc un si grand navire perdu au milieu d’un océan méconnu, l’Océan Indien ? L’équipage, fort nombreux au demeurant, explique la dépense mais ne comprend pas toujours à quoi il sert. La France assure la maintenance de ce très grand navire mais à minima. Il produit peu, ce qui est normal pour un bâtiment militaire mais, vu ses dimensions, il consomme énormément, plus de 5 milliards d’euros par an, me dit-on. Alors, nous avons cherché quelles pouvaient être les raisons d’un tel investissement. Le prestige de la France ? Le droit de regard sur l’immensité des territoires marins que la France peut ainsi contrôler ? Un appui stratégique dans cette partie du Monde ?
OK, mais tout cela n’est pas très convaincant et, on peut se demander si le jeu en vaut la chandelle.

Cela est d’autant plus étonnant que, sur un tel territoire, l’équipage très sous employé pourrait se rendre utile et, vu les surfaces disponibles, pourrait produire au moins de quoi se nourrir. Le pouvoir central n’y aurait-il pas pensé ? Autant en période de guerre on peut comprendre que l’intendance doit alimenter les troupes, autant en temps de paix, cette situation paraît anormale. Il y a donc certainement autre chose. Mais en tout état de cause, dire que ce navire est un symbole de la croissance de la France dans le Monde, c’est méconnaître l’état de délabrement d’une très grande partie de l’équipage.
 
Robin Desforest