Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
15 février 2022, par

La constatation de l’inadaptation (au moins physiologique) des organismes des cosmonautes – rapportée par Thomas PESQUET – dans un univers d’impesanteur (apesanteur), donc non confrontés à la gravitation, séjournant pendant plusieurs mois sur la station ISS à 400 km de hauteur, semble rencontrer les intuitions (ou présupposés) de deux auteurs, Constantin von MONAKOV, (1853-1930), médecin du système nerveux, (Université de Zürich) et Raoul MOURGUE, (1886-1950), Professeur médecin psychiatre, (Institut de France) [1]. Ces deux auteurs évoquent « une tendance propulsive de l’être vivant » qui fonctionnerait, sur terre, sans opposition électromagnétique en état d’impesanteur, ce que nous révèle, a contrario, la physiologie des cosmonautes.
Sur terre donc : « La base de la vie psychique, disent-ils, est formée, lorsque nous considérons le développement de la vie, c’est-à-dire de l’être vivant, non par les soi-disant éléments de la psychologie classique (sensations, perceptions, représentations) tirés de l’introspection et produits derniers de l’évolution, mais par la hormé (du grec, “impulsion”, « mise en mouvement »). Il s’agit de la tendance propulsive de l’être vivant, avec toutes ses potentialités acquises par l’hérédité, vers l’avenir », in Introduction à l’étude de la neurologie et de la psychopathologie, intégration et désintégration de la fonction, F. Alcan, 1928, page 33.
Cette « tendance propulsive » semble fonctionner « à vide » chez les cosmonautes et son efficacité physiologique et organisationnelle quelque peu « contrariée » du fait de l’absence de pesanteur. Ceci entraînerait, dès lors, une désintégration des fonctions physiologiques dans leur ensemble. Sur terre et en confrontation avec la gravité, la pulsion de vie semblerait donc irradier en un « éventail énergétique fonctionnel » la physiologie dont on inclura la bipédie, lorsque celle-ci émergea. La physiologie contribuerait à l’organisation du corps par « niveaux de complexité et d’organisation » comme le Professeur Henri LABORIT les nommait, symbolisés par l’image des poupées russes.
On notera que cette image illustre également la première page de l’ouvrage d’Étienne DANCHIN [2].
La validation de cette tendance propulsive, dont nous avions l’intuition [3], devrait nous aider à poursuivre l’exploration « archéologique » de la (les) pulsion(s) et de la logique organisationnelle du corps humain et, peut-être aussi, intégrer unitairement corps et esprit.
Frédéric Paulus, CEVOI, (Centre d’Etudes du Vivant de l’Océan Indien)
Courrier des lecteurs
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