Arrêtons le massacre !

24 septembre 2007

Et ça continue. Du sang et des larmes. Des cris et des pleurs. Encore et encore. Une nouvelle fois, comme dans une litanie macabre aux informations du matin, une femme, encore, et cette fois-ci, un bébé, viennent de succomber sous les coups d’un ancien concubin. Combien d’autres tragédies ? Combien de malheurs et de souffrances encore restent à subir ? Combien de deuils injustes et de familles brisées ?

Sophie, le 24 avril 2003, Christine, le 26 janvier, Florence le 9 août, Marie-Danielle le 3 septembre et Ingrid le 14 octobre de la même année 2004, Jean-Luc, le 30 novembre 2005, Fabiola, le 7 septembre 2006, Graziella le 23 août 2007 et hier, le 18 septembre, Béatrice. Neuf victimes, dont huit femmes. Neuf existences, détruites à jamais, balayées de nos horizons et dont les prénoms n’ont plus aujourd’hui que la seule force dérisoire et pitoyable de pouvoir seulement résonner en vain dans nos mémoires. Mortes pour rien. Devant nos impuissances et nos chagrins.

Où sont les mesures promises ? Où en est le projet de loi-cadre pour prévenir ces drames ? Quand l’assemblée se décidera-t-elle enfin à légiférer sur ces dérives insupportables ? A la moindre menace de mort, la moindre suspicion d’un passage au crime, la justice se doit d’assumer ses responsabilités. Point de délais, ni de tergiversations. Des actes. Du concret. Arrêtons le massacre ! Cela doit cesser. Et le plus vite sera le mieux. Qu’attendent nos députés pour faire fi de leurs oppositions légitimes, et construire ensemble ces textes que nous attendons avec une infinie patience ?
Les prisons sont pleines ? Qu’à cela ne tienne. Les Kerguelen, les îles d’Amsterdam ou de Saint-Paul constituent des espaces clos, où les auteurs de forfaits auraient tout loisir de méditer leurs méfaits : Arrêtez de nous culpabiliser sur les conditions de détention quand des solutions existent et qu’ils suffit d’avoir la volonté de les mettre en œuvre, à défaut d’y avoir réfléchi autrement que sous la forme de lamentations.
Car ce point, permettez, mais il me semble que vous êtes malentendants à l’égard de celles de familles, trop silencieuses, trop souvent réduites à subir des discours insoutenables, quand la douleur vous prend et vous déchire au point que la parole même vous est impossible.

Arrêtez le massacre ! S’il vous plait... Une loi-cadre, la cessation des remises de peine pour les atteintes aux personnes, des peines de rédemption par le travail obligatoire, de l’encadrement socio-andragogique, un suivi réel avec des contrôles, et pourquoi pas l’astreinte au bracelet technologique, dès la sortie.

Pour notre part, nous ne souhaitons pas la mort, la vengeance ou une quelconque expiation éternelle à l’égard de ces criminels : Nous ne requérons seulement de votre part, élus, acteurs du monde social, relais des univers carcéraux, que la seule concrétisation de notre volonté commune de plancher ensemble sur la priorité des priorités, la sécurité des citoyens, qui est la première des déclarations constitutionnelles.
Avec nos remerciements anticipés.

Jacqueline, la maman, Débora, la fille, et Jean Salim, le frère de Florence, abandonnée le début de week-end, et tuée le lundi matin du 9 août 2004.


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Témoignages - 82e année


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