Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
5 septembre 2024, par

Le 3 juillet 2024, le père d’Emmanuel Macron déclare : « sa décision de dissoudre n’est pas venue du résultat des élections européennes. Il m’en avait parlé deux mois plus tôt. Il estimait que l’Assemblée nationale était devenue ingouvernable ». Au-delà de cette curieuse gouvernance parentale, cela signifie que le président avait mûrement travaillé une stratégie de reconquête d’une majorité « gouvernable ». Il lui restait à saisir le moment tactique de renvoyer les députés devant le peuple.
Les Européennes vont lui servir de prétexte (selon son confident de père). Annonce de la dissolution le 9 juin ; décret de convocation dans les heures qui suivent ; dépôt de candidature du 12-16 juin ; élections 30 juin et 7 juillet. La surprise était totale : maîtrise de la décision politique, du calendrier restreint et, même, de la campagne électorale. « Dans les prochains jours, je dirai l’orientation que je crois juste pour la nation. »
Le peuple, tant sollicité et adulé, ne lui donne pas de majorité renforcée. Pourtant, il avait mis en gage sa sincérité : « … je suis le seul responsable politique à n’avoir aucune échéance électorale personnelle en 2027, soyez certains d’une chose : ma seule ambition est d’être utile à notre pays que j’aime tant, ma seule vocation est de vous servir. »
La clarification a eu lieu. Le Président a échoué dans ses objectifs. Il devait partir. Les arrangements ne sont pas à la hauteur de la situation critique.
Imaginez si au soir des élections législatives, les 190 députés NFP étaient partis à l’Elysée signifier à Macron sa lettre de démission. Le peuple aurait applaudi. Mais en jouant au jeu de Macron, on a fini par singer le modèle. C’est la République des technocrates : des gens qui passent des bonnes fréquentations aux destinées de l’État. Sans complexe, il leur fait la leçon dans un communiqué : « Les partis politiques de gouvernement ne doivent pas oublier les circonstances exceptionnelles d’élection de leurs députés au second tour des législatives. Ce vote les oblige. » Bien évidemment, lui n’a pas failli à ses obligations du 2e tour de la Présidentielle en 2017 et 2022.
Ary Yee-Chong-Tchi-Kan
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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